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LE CULTE DE LA VIERGE

le plus connu de ces amoureux de la Vierge est le moine Gautier de Goinci ^

Le culte de Marie s'était beaucoup développé au cours du moyen âge ; il fallait, aux hommes couverts de sang et de crimes, l'indulgence d'une mère divine. Le Père vivait trop loin d'eux, dans sa majesté de Créateur ; le Fils les effrayait, car il jugera le monde au dernier jour ; le Saint-Esprit leur paraissait inaccessible, c'est celle des trois personnes que l'imagination a le plus de peine à concevoir, la seule qu'on n'ait jamais osé représenter sous la forme humaine. Restait la Vierge, mère du Fils selon la chair, à qui le Fils devait respect et affection. A elle allaient les prières ; les pécheurs la sentaient plus près de leur cœur, et ils savaient son intercession toutepuissante.

On a dit, mais à tort, que ce culte commença seulement au XIII® siècle. « Qu'a-t-on trouvé de plus grand et de plus illustre que la bienheureuse Vierge Marie? demande saint Jean Ghrysostome (mort en 407). Elle dépasse en grandeur le ciel et la terre. Qu'y a-t-il de plus saint qu'elle? Ni les prophètes, ni les martyrs, ni les saints, ni les anges, ni les Trônes, ni les Dominations, ni les Chérubins^ ni les Séraphins ; non, on ne peut rien trouver de plus grand ni de plus excellent parmi les choses créées, visibles et invisibles. »

Dès le XI® siècle, l'église de Cantorbéry, puis plus tard, au xii®, l'église de Lyon, célèbrent la fête de l'Immaculée Conception 2. Dans les chansons de geste, Jésus est désigné par cette périphrase : le fils sainte Marie. Le plus passionné des fidèles de la Vierge est saint Bernard ^, mort en 1153 ; mais, incontestablement, cette dévotion fit de grands progrès dans les âmes un peu plus tard.

« Au XIII® siècle, la légende ou l'histoire de Marie sont sculptées au portail de toutes nos cathédrales. Qu'elle ait cette place d'honneur dans celles qui lui sont consacrées, à Notre-Dame de Paris, de Reims, d'Amiens, de Chartres, de Laon, de Senlis, rien d'étonnant à cela ; mais ce qui est surprenant, c'est devoir qu'à Saint-Etienne de Bourges, à Saint-Étienne de Sens et de Meaux, à Saint- Jean de Lyon, elle a également son portail. Elle qui se montrait rarement dans les églises romanes, qui laissait à son Fils et aux apôtres les portails d'Arles, de Moissac, de Vézelay, d'Autun, elle est maintenant partout. Dans nos cathédrales, à partir du xiii® siècle, se trouve, non loin de

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