Jeanroy, Rom., XVIII
2. Emile Mâle, iArl religieux en France au xiii« siècle, p. 272.
3. Après lui, viennent Albert le Grand, mort en 1280, et saint Bonaventure, mort en 1274.
102 l'amour et la femme en occitanie
l'autel, dans Taxe de l'église, une belle et profonde chapelle qui lui est consacrée. On devine qu'elle a aussi une place d'honneur dan« les âmes ; le xiii^ siècle est, par excellence, le siècle de la Vierge. Les cloches de la chrétienté sonnent VAngelus. Saint Domini<pie répand le rosaire en son honneur ; on récite tous les jours son office ; nos plus belles cathédrales s'élèvent sous son vocable. Les ordres nouveaux, les Franciscains, les Dominicains ^, vrais chevaliers de la Vierge, répandent son culte dans le peuple -. »
Ce grand élan vers Marie absorba les dernières forces des troubadours. Les dames s'effacèrent devant la Mère de Dieu. Les sentiments changèrent, mais leur expression ne variait point. Abandonnant les cour?, les poètes contèrent à la Vierge les mêmes fadeurs rju'à Azalaïs de Boissezon ou à la châtelaine de Burlats. Se traînant dans l'ancienne ornière, ils étouffaient sous une pieuse rhétorique leur verve défaillante, et ils s'éteignirent sans bruit.
1. En quelques années, les Dominicains avaient fondé dans le Midi de la Franc» quarante-trois couvents.
2. Emile Mâle, op. cii.y p. 272. Pour le culte de Marie à Florence, voir II, chap. ii, quatri-ème section, § 18.