SENSIBILITÉ DES HÉROS; LEURS LARMES
Les atrocités des chansons de geste ne sont plus, auj considérées comme des vérités historiques ; elles naquireni violente imagination des poètes ; mais le nombre de ces contes montre qu'ils ne choquaient pas le goût du public, mœurs, sans être sauvages, manquaient de douceur. Les cl relatent des scènes féroces. Charles II le Boiteux fit me broche et rôtir comme un poulet un seigneur de la maison d Anséric de Montréal, parent du duc de Bourgogne, pass avoir fait manger un prêtre par les mouches 2. Les temp durs, et les bourgeois, à l'occasion, en remontraient aux cl En 1218, les gens d'Avignon, s'étant emparés du prince c Técorchèrent vif et coupèrent son corps en quartiers ^ L d'Alexandrie fit mourir le marquis de Montfenrat dans unf fer. « Dans je ne sais quelle ville de Lombardie, après un combat entre guelfes et gibelins, les cadavres de ces demie; en morceaux, furent vendus au marché ^. »
§ 5. Sensibilité des héros ; leurs larmes.
Les héros sont terribles, mais non endurcis ni impitoy; ne cessent de pleurer ^. Avant la bataille, l'archevêque
1. Villari, / due primi secoli délia sloria di Firenze, II, 257.
2. Le Nain de Tillemont, Vie de Saint Louis, IV, 60, ann. 1254. Cf. le de Bernard de Cahuzac {Chronique de Pierre des Vaux-de-Cernay, citée pai la Société française au temps de Philippe-Auguste, p. 272).