‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 90 sur 440 · Gide, op. cil., p · texte numérisé non relu

Gide, op. cil., p

2. .S. Ih., I, qu. 92, art. 1 : « Il semble que la femme n'ait pas dû être produite en même temps que le reste de la création. Car Aristote dit que l'être féminin n'est que le mâle incomplet {mas occasio nains). Or, rien de ce qui est occasionné et imparfait n'a dû exister dans la création primitive des êtres... Par rapport à la nature humaine, en particulier, la femme est quelque chose d'imparfait et d'occasionné, parce que la vertu active du mâle a pour but de produire son semblable, c'està-dire un être parfait comme lui et qui soit du même sexe. Ainsi, d'après Aristote, ce qui est cause que le produit est du sexe féminin, c'est la débilité de la vertu active du générateur, ou une indisposition quelconque de la matière... Mais, relativement à la nature en général, la femme n'est pas un effet occasionné, puisque la nature a eu l'intention de la produire pour qu'elle servît à l'œuvre de la génération. »

3. La femme aurait été soumise à l'homme quand même elle n'aurait pas péché. « Avant le péché, l'homme aurait été également le chef de la femme et son guide » {S. th., II^ 11'*', qu. 164, art. 2).

148 l'amour et la femme en occhanie

IT' II, qii. 149, 4 : «La sobriété est nécessaire surtout chez les jeunes prens et chez les femmes, parce que chez les jeunes gens la concupiscence est très forte à cause des ardeurs de leur âge et chez les femmes il n'y a pas assez de vigueur d'esprit pour qu'elles résistent à la concupiscence. D'où ce que dit Valère Maxime que, chez les anciens Romains, les femmes ne buvaient pas de vin ^. »

Enfin, saint Thomas cite, à diverses reprises ^, les textes célèbres de saint Paul :

I Cor., XI : « L'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme... L'homme estle chef de la femme, comme le Christ est le chef de l'homme. »

I Cor., XIV : « Que les femmes se taisent dans l'église ; et qu'elles se fassent instruire par leurs maris à la maison, car l'homme est le chef de la femme. »

I Tim., II, 12 : (( Que la femme apprenne en silence, avec une parfaite soumission. Je ne permets pas à la femme d'enseigner ni de prendre autorité sur son mari ; qu'elle garde le silence. »

II aurait pu ajouter ce verset de l'Ecclésiaste, vu, 27 : « J'ai reconnu que la femme est plus amère que la mort, qu'elle est le filet des chasseurs, que son cœur est un rets et que ses mains sont des chaînes. Celui qui est agréable à Dieu se sauvera d'elle. »

« La femme est la porte du diable, » dit Tertullien. « La beauté de la femme est l'occasion de beaucoup de maux, dit Albert le Grand ^, d'où ces paroles de l'Ecclésiaste (chap. ix) : « Ne regarde pas les vierges, « de peur d'être scandalisé par leur beauté. » Et Job, chap. xi: « J'ai « fait un pacte avec mes yeux, pour ne pas même penser à une vierge. » Albert le Grand décide, comme saint Thomas, que l'homme est supérieur à la femme (Summ. theol.^ tr. XIII, qu. 82, membr. 2 ; Qiiœst. super, evang., qu. 13, 2) ; si les femmes ne peuvent être prêtres, c'est « à cause de l'indignité de leur sexe et de leur plus grande inclination au péché ». Constatant que la Sainte Ecriture ne donne pas la généalogie des femmes, il en trouve les raisons suivantes [Qusest, me(^ang.,qu. 27,2):leursexeest indigne, leur création est postérieure à celle de l'homme, leur faute est antérieure à la sienne; elles sont plus propres à figurer symboliquement les mauvaises actions. Il avait dit

1. Sénèque dit que de son temps cette coutume avait disparu et que les femmes s'enivraient autant que les hommes. Ovide se croit obligé de recommander aux femmes de ne pas trop boire [De arle am., lib. 3).

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