‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 94 sur 440 · MISOGYNIE DES TROUBADOURS · texte numérisé non relu

MISOGYNIE DES TROUBADOURS

Rambaut d'Orange, Assatz sui d'Amor, R. Lex. I, 324 : « Si vous voulez avoir des femmes qui vous respectent, commencez par les menacer, lorsqu'elles vous feront quelque méchante réponse ; et si elles vous font une réponse pire, donnez-leur du poing au milieu du nez. Et, si elles sont bonnes, soyez bon. Il vous sera bien difficile d'avoir la paix avec elles.

« Vous conquerrez les meilleures avec de mauvaises paroles et de méchantes chansons, et à force de vous vanter; honorez les pires, exaltez-les pour leurs hontes ; c'est le moyen d'obtenir leurs faveurs. Mais, moi, j'agirai d'autre guise ; je n'ai pas plus envie d'aimer que si elles étaient toutes mes sœurs. Aussi leur serai-je fidèle et tendre, humble, simple et loyal, doux et amoureux.

« Mais sachez bien vous garder des femmes, car ce que je fais là, c'est folie ; ne faites pas comme moi, ce serait une sottise. Écoutez plutôt ce que je vous enseigne, si vous voulez éviter les souffrances, les douleurs et les pleurs. »

Uc Brunet, Corteza?nen, R. III, 315 : « Ma dame, quand elle est en joie, sait paraître affligée ; elle sait cacher et dérober son vouloir ; puis elle prend de nobles manières et rit doucement ; c'est pourquoi je ne sais pas juger un cœur d'après les apparences. »

Raimon \id'd\, Hist.litt., XVIII, 634: «Les femmes, quand elles le veulent, sont assez subtiles pour donner au mensonge l'apparence de la vérité et à la vérité celui du mensonge. »

Gavaudun, Eu non sui pars [Rom., 1905, 516) : « Vous croyez avoir une amie loyale : ne croyez d'elle que ce qu'auront vu vos propres yeux... Ni l'eau, ni la mer, ni le feu ne sont terribles comme les artifices, la dissimulation, les perfidies de ces femmes fausses et traîtresses, ennemies de la vérité ; elles tiennent toujours tendus les pièges où elles nous prennent soir et matin et toute la journée, si nous n'y prenons garde... l'amant loyal n'a de l'amour que des déceptions. Rien ne sert d'être respectueux ; les trompeurs réussissent mieux. »

A. le Chapelain, p. 20 : « Les femmes sont très sensibles à la flatterie et croient aveuglément tout ce qui peut tendre à leur louange. »

P. 339 : « La femme n'est pas seulement avare ; elle est envieuse et médisante, rapace, inconstante, esclave de son ventre, désobéissante et rétive, orgueilleuse, vaniteuse, menteuse, ivrogne, mal embouchée, incapable de garder un secret, luxurieuse à l'excès, encline à tous les vices. »

P. 341 : (( Il n'y a pas de femme si simple et si sotte qui ne saclic,

à force de ténacilé, gai'tler t>on bien et, à force d'artiûces, gagner celui d 'autrui. Une simple femme dépense j)lus de ruse pour vendio une poule que le plus savant procédurier pour acheter un château. »

P. 346 : (( La femme est comme une cire molle toujours prête à changer de forme et à recevoir l'empreinte d'un sceau nouveau. Elle ne garde pas le même dessein pondant une heure et Marcien a dit justement : Varium et mutahUe semper fœmina.

« Une femme n*aime jamais un homme au point de lui confier ses secrets ni de lui parler en toute franchise. La femme ne se confie à aucun ami ; elle croit tous les gens trompeurs, c'est pourquoi elle persévère dans l'esprit de mensonge, et tout ce qu'elle raconte, elle le dit dans la duplicité de son cœur. »

P. 350 : « Il n'y a pas de femme de si basse origine qui ne parle des gloires de sa famille et de la grandeur de sa race et n'en tire une vanité sans égale. »

P. 353 : « Toute femme au monde est luxurieuse. Quelle que soit la grandeur de son rang, elle recevra dans son lit l'homme le plus abject, s'il est puissant aux œuvres de Vénus ; et nul, en ces matières^ n'est assez fort pour assouvir la passion d'une femme. »

P. 35G : « Il n'y en a aucune qui reste fidèle à son mari ou à son amant et ne soit prête à aimer le nouveau venu. La femme ne sait refuser ni l'or ni l'argent, ni les présents, ni son corps. »

Brsv. c/'^ 7??., 32880: « Il y a des femmes vraiment bonnes, autant du moins qu'une femme puisse être bonne. Mais la bonté ne dure guère en elles ; car il y en a certaines qui sont bonnes et puis qui changent ; c'est pourquoi on ne devrait pas se hâter de louer une femme, mais attendre qu'elle fût morte ; car elles seront bonnes autant qu'une femme peut l'être, chastes, humbles et patientes, douces, réservées et obéissantes, fort soucieuses de bien faire : mais, à la fin, elles tireront de leur vertu orgueil et présomption et croiront avoir plus d'intelligence qu'il ne leur en est départi ; elles voudront user de cette folle intelligence, n'écouteront pas les conseils et n'en feront qu'à leur guise ; et elles feront mal, car il n'y a pas de folie comparable à la folie d'une femme qui se croit sensée ; il est certain qu'une femme ne peut être sensée. )>

32120 : « Si une femme 'veut être méchante, on ne pourra jamais la surveiller assez subtilement pour l'empêcher de se livrer au désordre quand elle en aura fantaisie. Une femme qui sait son mari jaloux ne songera qu'à le faire cocu. Elle pensera nuit et jour à exciter sa jalousie, car une femme fait exprès ce que son mari lui défend. Et c'est encore plus fou de la battre, car cela ne l'empêchera pas

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d'aimer celui pour qui on la bat et, au contraire, cile sera assez folie-; pour ne l'en aimer que davantage. »

18504 : « Les femmes, grâce à kuj foEe,. se vautrent de maùites. manières, dans les sept péchés capitaux, en suivant les désirs de Va, chaijp. Elles pèchent gravement d'orgueil, se croyant beaucoup de. raison et usant de leur pauvre intelligence pour ne pas faire cequ'on leur conseille ; et elles ne font avec plaisir que ce qiii leur est. défendu. »

18545 : « Une femme qui voit de nobles vêtements à sa pareilleconçoit du déplaisir en son cœur si elle ne peut en avoir autant,., et si elles sont en. quelque endroit et qu'elles voient une autre plaire plus qu'elles, si on lui rend plus d'honneurs, si on la loue pour sa beauté, si on la regarde davantage,, si elles entendent dire du bien, d'elle, de sa bonté ou de sa noblesse, cela leur fait grande peine au cœur, si grande qu'elles ne peuvent la supporter ; — et beaucoupde plaisir, si elles en entendent dire du mal. »

18569 : « Pour avoir des toilettes, elles querellent leurs maris avec leur langue de serpent. Ah ! malheureuse ! je suis, par Dieu ! bien en colère de ne pas avoir ces belles robes et ces jolies parures ! Les autresne veulent pas me voir, ni me laisser asseoir à leurs cotés, tant je suis mal habillée et mal harnachée ! A quoi a pensé mon père, quand il m'a mariée, de me donner mille livres de dot et de me livrer au plus triste goujat de la viUe I qui ne veut rien faire pour moi de ce qu'il doit... Et c'est la plus mortelle querelle du monde ; il vaudrait mieux cohabiter avec des lions et des dragons, comme dit le sage Salomon^ Et si le mari la bat, jamais plus dans sa maison il n'aura de plaisir, rien que du mal ; et s'il se ruine pour lui faire plaisir ,^ elle criera encore bien plus ; et elle lui dira nuit et jour que c'est lui^ le foui, qui a dissipé son bien...

« Le mari pour satisfaire sa femme cherchera à gagner de l'argent comme il pourra, en faisant l'usure, en volant ou en assassinant p. et, comme la femme a eu sa part du péché, son âme en sera punie.

« Si, malgré ses cris, la femme ne peut arracher à son mari l'ajrgent qu'il lui faut pour ses toilettes, elle le lui volera, et elle dira que c'est sa mère qui le lui a donn.é, ou qu'elle l'a gagné en filant ; et elles ne croient pas pécher en volant leurs maris ; et pourtant rÉcritiu*e dit qu'une femme ne peut pas, même au nom de Dieu, donner du bien de son mari, ni de sa dot, sans le bon plaisir du mari ; et si elle le fait, alors que cela lui est défendu, c'est un péché et un vol ; et elle est tenue de rendre, si elle veut sauver son âme (18018-18645).

« Elles pèchent par gourmandise et se disent dégoûtées des viandes,

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pour qu'on leur serve les plus délicates, chevreaux, chapons, poules ou perdrix ; et elles feindront de ne pas avoir d'appétit, quand elles auront mangé en cachette de bonnes choses ; et puis, une fois levées de table, les malheureuses iront souper avec du pain blanc et de bon vin, des brochettes et des pâtés et beaucoup d'autres viandes. Et puis, par gloutonnerie, elles iront dans quelque pré ou quelque verger ou dans leur jardin, et elles y prendront la mort à force de manger et de boire, sans compter les autres péchés qu'elles y feront (18648-18669).

« Les femmes sont paresseuses et bavardes à l'église ; elles ne font <jue parler pendant le sermon et troubler le prédicateur par leur bruit ; et, pendant la messe ou les vêpres, leurs conversations empêchent les fidèles de prier. On ne les sort de leur lit que par force, et leur paresse ruine leur ménage, car elles ne s'occupent de rien ; elles vont musant dans les rues, employant leur temps à ne rien faire.

« Elles diront à leur confesseur qu'elles ne se parent que pour plaire à leur mari ; mais ce n'est pas vrai, car elles réservent leurs plus belles robes pour les porter dans la rue, et à la maison elles ne por+ent que les plus vieilles et les plus sales. )>

18740 : « Elles passent leur temps à battre les rues pour avoir plus de galants, et elles font pécher ainsi beaucoup d'hommes, en leur faisant des mines de courtisane, en trop riant ou jouant avec eux, €n parlant déshonnêtement, avec des regards sournois et un air plein d'hypocrisie, en levant les yeux vers le ciel ; car le sage Salomon dit que cette grimace n'est pas bonne et n'est qu'un signe de paillardise, d'orgueil et de folie. Et, par mauvais instinct, elles portent des robes très décolletées et elles vont dépoitraillées et montrent leur chair pour aguicher le pécheur, le décevoir et le faire pécher. Les malheureuses feront pire ; si elles sont mariées, elles ruineront la sainteté du sacrement en désirant la compagnie de leur mari par paillardise et pour le vil plaisir charnel et non pour avoir des enfants ; et elles ne peuvent se rassasier de leur vice, car elles tournent toujours autour de leur mari et le suivent nuit et jour pour le faire céder à leur folie, et elles ne diront jamais assez ! elles arrivent ainsi à tuer les plus vigoureux. Et leurs maris ne suffisent pas à ces traîtresses ; elles feront leurs adultères avec les plus tristes farceurs et on ne pourra jamais les surprendre, une fois leur jupe rabaissée ; et elles diront qu'elles veulent aller à l'église pour prier ; et c'est ainsi que, sous couvert de sainteté, elles s'arrangeront pour commettre leur péché en route, faisant des saints leurs entremetteurs ; et puis, elles volent leurs maris pour donner à leurs amants ; et, si elles en ont un

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bâtard, elles persuaderont au mari qu'il est de lui et qu'il lui ressemble^ fort ; et le mari l'élèvera comme son vrai fils et un jour le fera héritier de tout ce qu'il aura ; et au péché d'adultère la femme aura joint celui de vol, en procurant au bâtard l'héritage du mari » (18740- 18800).

18830 : « Ces traîtresses feront encore pis ; si, du mari ou des autres^ elles ne peuvent concevoir, elles feindront une grossesse, se procureront un nouveau-né et feront semblant de l'enfanter, pour voler les biens du mari. »

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