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INFLUENCE D OVIDE

§ 3. Influence d'Ovide sur la littérature du moyen âge.

Troubadours ni trouvères n'étaient grands clercs. Leurs vers, profondément originaux, reflètent fidèlement les sentiments des hautes classes féodales ; leur inspiration toute nouvelle ne subit point l'influence du passé. Le seul auteur de l'antiquité dont ils aient eu quelque teinture, c'est Ovide. Ils ne l'ont ni assez lu, ni assez compris pour que son autorité ait pu fausser la direction générale d'une littérature si véritablement autochtone; mais quelques détails de leur œuvre portent son empreinte. C'est de lui qu'ils tiennent le dieu Amour. Le service d'Amour se rencontre déjà dans ses vers ^ ; il appelle la maîtresse domina ^, comme les troubadours l'appellent dompna; il représente les douleurs d'Amour [Ars am., 156-162) à peu ]irès de la même façon qu'eux. Quelcjucs passages caractéristiques des Remèdes d'amour, lib. I, et de VArt d'aimer, lib. II, ont été copiés par Matfre Ermengau {Brev. d'Am., 33990 et suiv. , 34218 et suiv. ; cf. chap. IX, § 8). Les enseignes d'Amour que nous rencontrons en stil nuoi^o ^, ce sont les Amoris signa, que le poète romain, en bon soldat, n'a jamais désertés * ; et en ceci il ressemble fort au Fidèle d'Amour toscan.

Guido Orlandi (sonn. Per troppa sottigliezza) fait amèrement grief à G. Cavalcanti de n'avoir pas lu Ovide ; Gino recommande à Onesto de se conformer à ses préceptes. Le poète romain applique à Amour les épithètes de férus et de S3eç>us ^, que le stil nuovo attribuera à la dame, donna fera. La couleur rouge et la couleur pâle que le stil nuovo lui fait porter, il les a prises dans Ovide, et c'est encore

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