‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 97 sur 440 · Ars Am., I j · texte numérisé non relu

Ars Am., I j

nie quidem férus est el qui mihi sœpe repugnel, et, un peu plus loin, l'auteur appelle Amour sœvus puer.

170 l'amour et la femme ew occitanie

dans son œuvre que troubadours et stilnuoiàstes ont puisé la prétention d'écrire sous la dictée d'Amour :

Carmina purpureits quœ mihi dictât Amor *.

(-'Im., II, éUg., in fine.)

PalJeat omnis amans ; hic est color aptus amanti *:

{Ars am., lib. I.)

Ce dernier vers fut souvent cité au moyen âge même par les théologiens ^. Les hommes d'Eglise témoignent à Ovide une indulgence particulière, u Dans un manuscrit français conservé à la bibliothèque de Dresde, cote 064, une miniature placée en tête d'un poème que 1 éditeur a appelé VArs d'Amors, représente un moine assis sur un escabeau, expliquant un livre à un jeune damoiseau et à une damoiselle qui l'éccutent avec beaucoup d'attention. Ce hvre, c'est ÏArt d'aimer d'Ovide ^. » L'auteur du Rosmarinimontis Concilium, qui fut un ecclésiastique du diocèse de Toul, le compare à l'Évangile. < Lorsque tout l'essaim des vierges fut entré, on lut au milieu, comme r Éi'angile, les préceptes d'Ovide, ce docteur éminent. » Un moine cistercien, Guillaume de Deguilleville, introduit Ovide dans « ses pèlerinages de la vie humaine, de l'âme et de Jésus-Christ, et c'est par lui qu'il se fait enseigner les vérités de la foi ^ ». Un autre moine, le franciscain Chrétien Legouais, pubhe un Ovide moralisé en soixantedouze mille vers, et il va jusqu'à découvrir dans la métamorphose <le Daphné le mystère de l'Incarnation * ! A propos du langage des bêtes, Dante allègue le cas des Pies comme celui de l'âne de Balaam et glose le texte ovidien avec autant de sérieux que les versets de la Bible. Son fils Pierre, pour établir que ceux qui se repentent à leur dernière heure seront sauvés, invoque un vers d'Ovide, entre une citation de saint Jean Chrysostome et un passage de saint Ambroise ^.

Page 1