LE MYSTÈRE DE MADAME PELLERIN
s'aimer bien parce qu'ils aimaient le même enfant, Elle fut touchée de la tristesse de son père» elle avait été tràs troublée de ragitation de 8a mère; elle promit d'intervenir ; elle consola bien vite le savant, qui ne venait que pour être consolé, et elle prit l'avis .de son mari.
— Cher ange, lui dit Georges, tâche d'obtenir la confession de ta mère. Quelle qu'elle soit, aie confiance ; nous la guérirons. Il y a longtemps qu'elle sôuflfre I
— Comment? tu avais remarqué?...
*— Oui, et c'est parce que je suis son fils depuis trop peu de temps, que je n'ose solliciter un secret qu'elle te livrera.
— Mais, maman n'a pas de secret, je te jure!
— Allons, petite femme, reprit le mari avec un baiser, vous avez encore des préjugés de petite fille.
Aurore ne comprenait pas qu'une mère, si peu dissimulée, pût souffrir, sans qu'une fille comme la sienne le devinât.
Mais elle savait, depuis trois jours, tant de choses qu'elle n'avait jamais soupçonnées, qu'elle se défiait de sa pénétration. D'un autre
côté, dans la ferveur de son initiation récente, elle croyait en son mari, comme elle avait cru jusque-là en Dieu, et, puisque Georges avait deviné une douleur, inconnue aux témoins les plus intimes, il fallait que cette douleur fût réelle. Georges était infaillible ; sa femme de trois jours brûlait, comme d'une flamme héroïque, du sentiment de cette infaillibilité.
Ce fut donc avec la certitude d'une confidence à recevoir qu'elle alla trouver sa mère.
Elle remarqua, en entrant dans sa chambre, que tout était préparé pour un départ.
— Elle restera! se dit l'intrépide jeune mariée.
Les cœurs béants forcent les cœurs fermés.
Le mystère que madame Pellerin gardait depuis bien des années, lui vint aux lèvres, à l'aspect délibéré de sa fille, faisant sa première campagne de charité féminine. Aux premiers embrassements, à cette chaleur qui l'enveloppa d'une sympathie nouvelle, ajoutée aux tendresses filiales, la pauvre femme se sentit incapable de grandes luttes.
Elle voulut résister, plaisanter même sur ce