‹ Autour de la butteChapitre 2 sur 11 · VI · texte numérisé non relu

VI

Inde (le m urnir (hmiir lu funlih' de rluuilcr, pniif mon j)laisir jx'rsonncl^ des vnujdcis où niofi cœur trouvait sa j>arl de jdaitilcs.

QuoJfjucfois vous adrnr//rrz Ijipii (JUc, n\'tanl j)as une inrcaiïiquo, je ne jtuissc jtas toujours, toujours et à heure /i.re, remonter mon moulin de f/aîté.

Alors vous voijez, cher ar)ii, (/uand, jiar les soirs de mélancolie^ il /ne faut tirer ma ficelle de jjolichinelle. Je me console, Je me rafraîchis, Je m attriste et Je m apaise avec une de ihjs chansons tendres et Je sens Veflicacité des Larmes si Joliment chantées par Beaudelaire.

Que mitnporte que tu sois sa(/e — Sois helle et sois triste — Les pleurs ajoutent un charme au visage comme le fleuve au paysage — L\jra<je rajeunit les fleurs. . .

Et cest moi qui reste votre reconnaissante.

Yvette Guilberi'.

Quant au.r dessins de liarrère, je les trouve si bien aj>j)roj)riés à vos textes que Je ne sais s ils .sunl plus tristement pervers que jierversement tristes !

Kn tous cas ils sont les airs de vos c/ta usons, et , en disant vos couplets, J en clianlerai les gravures...

Yvette Guiliîekt.

AU LECTEUR .SOiYiVT^r FANTAISISTE

Demandez les derniers succès l)'YrelU\ c/uinsons s,iii(/ rennes « Lti Norice » « Les In(/énnes », Si. rous roulez rire à /'ej-cès ;

Le loul de runes Jjien rennes

Kn des rers, déend;in(s essais,

Dils parloul , ai/leurs (jn'an.r Français,

Par des èhnies moins connues ;

Demandez... ou plu lof, lecleiir !

Après aroir lu la préface.

File au Concert [(jrand Jjien le fasse !)

7V mêler à la jjopulace

J-J , paijanl clièremenl la place,

Faire mousser mes droits d'auleur. . .

Sar)s elle

Sans elle,

STAS(:/':s

A mon udmiruhlo interjirflr Y\FTi F (irir.iiiH r.

Chansonnier^ moins qu'un nain, peintre bro^^ant du noir. Ayant pour tout abri l'aile du désespoir. Un jour je vis jaillir du succès l'étincelle

Par elle.

Je palis bien des fois, je pleure bien souvent, Songeant que je serais moins que la cendre au vent, Brouillard léger, perdu sous la voûte éternelle.

Sans elle !

Moi qui fus repoussé, même dans ma douleur, Au banquet des heureux j'eus ma part de bonheur Et j'ai bu l'ambroisie où l'or des dieux ruisselle

Par elle.

Moi qui verrais encor ma muse, lyre en main. Accrocher sa pauvre àme aux ronces du chemin, Arrosant de son sang chaque pousse nouvelle. Sans elle !

.\l<»i (|iii |);ir le nit'pns fus lon^lcinijs soufllilr. Jius ma pjirt de soleil, d.imour, dr liberté : .]',\\ pressé sur mon C(eur un .lutr. r. i nr firlèU*

Pîir elle.

Peiil-èlre qu'iiujourdhui je serais pantelant, i.as ! honteux d'en finir par un suicide lent. Songeant tjuen l'au-delà la vie est moins cruelle Sans elle !

Aujourd'hui tièrement je monte par degrés Les marches de la gloire et celles du progrès. Va mon éloile aux cieux plane à jamais plus belle

Par elle.

Alors qu'il m'eût fallu, comme un chêne abattu Sous la hache râler ! être à jamais vaincu Sans avoir de bonheur eu la moindre parcelle.

Sans elle !

Mais, de nain que j'étais au sortir du néanc. Ainsi que le ferait tout hercule ou géant. Je franchis du succès chaque étape nouvelle.

Par elle.

Admirable interprète, étoile en l'avenir. Nul hiver ne flétrit la tleur du souvenir; La fleur que nul ne peut cueillir, toujours si belle,

C'est elle :

La r)uit de Noël

La nuit de Nocl

.Musique de T. Mariiiicf .4 mon o/jf/<' .li; \N ( i Ail I \iii>.

Noël ! Oui, c'est ce soir Noël Et, de même qu'en les images, Brille, dans les splendeurs du ciel, L'étoile qui guida les mages ; C'est l'heure désirée ; enfin.

C'est l'instant où les bébés roses Rêvent de merveilleuses choses Promises pour demain matin.

Noël 1 la nuit est venue 1 Enfants ! Tenez vos yeux clos !

Rêvez, en l'ombre des rideaux.

D'un Dieu qui descend dans la nue

Pour remplir souliers et sabots.

Noël! Noël! la nuit est venue!

Edition do la Maison liicouni, 12, i ue de Lisbonne.

\()ici le bedeau solennel

(Jui s'envient. I Time en allégresse,

Allumer et p.irer lautel

l*<>ur la sa m te et nocturne Messe.

Monsieur le Bedeau songe un peu,

lui la Xuit joyeuse et bénie,

A s'en aller. Messe finie.

Réveillonner au coin du feu.

Noël ! la nuit est venue !

Hèvez. Monsieur le Bedeau.

Ce péché- là n'est pas nouveau, De l'oie onctueuse et dodue, Du bon vin d'un très vieux tonneau, Noël î Noël ! la nuit est venue 1

Noël ! pour le bon vieux Curé En sa soutane du Dimanche, Et dont le front si vénéré Est plus blanc que la neige blanche ; Le vieux Curé ne rêve pas Vins fameux ni grasses volailles.

Mais du bonheur de ses ouailles Qu'il demande au Seigneur tout bas.

Noël 1 la nuit est venue !

Rêvez, Monsieur le Curé, D'un monde pur, regénéré.

Pour qui la' faute est inconnue, Du pardon si fort imploré.

Noël ! Noël ! la nuit est venue !

Noël ! un jo^'cux carillon S'envole en la nuit douce et claire ; C'est le vieux clocher qui répond A tous les clochers de la Terre.

Voici qu'à l'appel enchanteur Villageois, en foule serrée, S'en vont, en la nuit étoilée.

Adorer le Dieu rédempteur.

Noël ! la nuit est venue î Chantez, priez, braves gens,

Pour le bonheur des indigents !

Que votre voix soit entendue

Et les cieux vous soient indulgents !

Noël ! Noël ! la nuit est venue!

Les Ingénues

Les Ingénues

en XX SON SAÏVE

Musique de I'. MiirinuT.

A Madame Yvkitk (jL'ildi^ht

C'est étonnant c'que dans Paris,

Dans les faubourgs et dans les rues,

On peut le dir' sans parti pris,

On rencontre des ingénues.

Si vous les r'gardez fixement,

Ell's ont tout d' suit' des min's émues

Et baiss'nt les yeux modestement.

— Ell's sont tellement ingénues 1

C'est chaste, c'est pur, c'est mignon

Et frais comme un bouquet de roses ;

Ça n' dit jamais ni oui, ni non ;

Ça semble ignorer toutes choses.

EU' s semblent croire encor, oui-dà,

Qu' c'est dans un chou qu'ell's sont venues,

Un chou planté par leur papa !

— Ell's sont tellement ingénues !

Edition de la Maison Cas, 15, Boulevard de Strasbourg.

C est un article très cntv.

Ta frcqucnf I Opéra Comique ; Ça fait d" la peinture on été Lit du dessin d'après l'antique.

Cest poureir s que maint sénateur Met des feuills de vigne aux statues Ou'ell's copiaient avec trop d'arJeur!

— Elis sont tettement ingénues !

C'est instruit sans en avoir Pair,

Très musicien, ça c'est notoire:

Ell's connaiss'nt à fond leur Wagner,

Saint Saëns, Mass'net et 1' répertoire.

Mais les chansons d' café concert

Leur sont total'ment inconnues ;

Ell's n' chanfnt que cell's d'Yvetf Guilbert !

— Elis sont tellement ingénues!

Si vous n'avez pas un rotin Et qu' vous aimiez leur innocence.

Vous perdrez près dells c'est certain, Les ardeurs de votre éJocfuence.

Phrases d'amour dites tout bas.

Serments, tout ça, peines perdues Elles ne vous comprendront pas .

— Ell's sont tellement ingénues !

Si vous êtes bon favori.

Prince foncier ou Grand d'Espagne.

Sans doute s'ouvrira l'esprit

Et leurs cœurs battront la campagne

Sous la chaleur de vos mots doux

Ell's commettront bien des bévues,

Et s' compromettront avec vous î

— Ell's sont tellement ingénues !

Ça chante comm' Monsieur Delmet,

Ça connaît sa syntaxe entière ;

Pour la morale on n' leur permet

Que les cours de Monsieur Brun'tière.

Zola pourtant a fait l'objet

De leurs études très ardues :

S' mouillent 1' doigt pour tourner 1' feuillet

— Ell's sont tellement ingénues !

l/in^rniiilc, cert's, il en faut

Mais sans exagérer la dose ;

L'excès en tout est un défaut.

Puis, le plus souvent, c'est d' la pose.

La preuv', c'est qu* quelqu's années plus tard,

Y en a pas mal qui devienn'nt des grues !

Fa d'autrs font leur mari cornard !

— Elis sont tellement ingénues !

jVleçteuse

Menteuse ! !

Musique de P. Marinier.

A M.Kh'iitoist'lle Madei.eink (Jaii.i.aki»

Un soir, ce souvenir m'oppresse, Vos yeux que vous teniez baissés Sur moi. soudaine et douce ivresse, Bien par hasard se sont posés.

Vous suiviez quelque rêve tendre, Vos yeux étaient remplis d'émoi Et, pauvre fou, j'ai cru comprendre Que le regard était pour moi.

Vous pouvez deviner sans peine Le bonheur que j'ai ressenti; Fallait-il penser, Madeleine, Que vos beaux yeux avaient menti ?

Edition do la Maison Ricordi, 12 rue de Lisbonne»

S.ins soiii'irc do ma nu-pris»', \ Ousavcz, coquette avant tout.

Prodiguant l'ieillade qui grise.

Joué le rôle jusqu'au bout.

Puis, un jour. aff(jlant mes fièvres.

Le mensonge de vos beaux yeux Est descendu jusqu'à vos lèvres.

Et j'ai cru voir s'ouvrir lescieux.

Je le sais, aucun mot n'enchaîne Que le C(jeur n'a pas consenti :

Fallait-il penser, Madeleine, Que vos lèvres avaient menti ?

Pourquoi crier à l'imposture ?

Ce n'était qu'un jeu très sensé ; Vous passez et de l'aventure Rien ne reste quun cteur brisé.

Un cœur c'est peu sur votre route !

Plus d'un bientôt sera donné Qui vous pardonnera, sans doute.

Comme je vous ai pardonné.

Ma chanson peut-être vous peine?

Je m'en suis déjà repenti :

Croyez-moi, chère Madeleine, Car, m.oi, je n'ai jamais menti !

Par un clair de lune

Par un clair de hinc

.\!u>i<|iii' lIo l'. .M;n"iiii(M".

A M.idainc V\i:i iK ( Jiri.r.i'.i; i\

Par un clair de luno Nous nous somm"s connus ; J "n'avais pour fortune Qu'mes airs ingénus ; D'ambitions, pas une, Mais des r'gards émus, Par un clair de lune.

Sur la butt' fleurie On sentait l'printemps, Comme un' rêverie, Passer d'temps en temps ; Tu m'disais : Ma brune, Comm'tes yeux sontgrands!

Par un clair de lune.

I!(litn)ii fil' l.i M.iison (as. IT), l)Oulf\ard de Stiaslioui^

( )h ! ces choses folles (Jue tu me disais !

J buvais tes paroles, Douc'ment, à longs traits Va, sans crainte aucune, Près d'ioi je m'serrais, l*ar un clair de lune.

Quand tu m'dis : Ma belle, Veux-tu m'embrasser ?

J'sentis dans la moelle Des frissons mpasser :

Et, dans la nuit brune, Ce fut un baiser.

Par un clair de lune.

Le vent dans les branches Passait enchanteur ; Des visions blanches Peuplaient l'air : sans peur, Sans plainte importune, Jtai donné mon cœur, Par un clair de lune.

Ohî ce cœur sans tache

Tu Tas immolé !

Tu m'as même, Eustache,

Dit qu't'étais volé ;

Amour et fortune,

Tout s'en est allé,

Par un clair de lune.

Au fond j'te pardonne ; J'sais pertinemment Qu'au cœur qui se donne On s'attach' rar'ment ; J'te l'dis sans rancune^ C'était dur vraiment, Par un clair de lune.

Maintnant quand j t'implore^ Quand j'te dis : Oui-dà, Tu sais que j' t'adore, Tu m'réponds : Là, là !

vl' connais un' bell' brune Qui m'aim'ra mieux qu' ça.

Par un clair de lune.

Le teipps des roses

(Le Icmp^) dC') toscs

Mu>iqu(> de I' M.\i<iNii:iu

Voici revenir le printemps fleuri :

Le bois est couvert d'aubépines roses Et le renouveau qui sourit Nous murmure de folles choses.

Au fond du bois sombre à demi Viens t'en Ninon, viens t'en Ninette Réveiller Tamour endormi Qui rêve dans quelque cachette.

Bcfrn in C'est la saison des roses Des roses fraîches écloses ; C'est la saison du bonheur ! Viens donc Viens Ninon Au bois de Meudon !

Fi des soucis moroses, C'est la saison des roses, L'amoureuse saison.

Ninon, Au fond Du bois de Meudon Viens donc I

pour les porter doucement sur ton fnmt. Je tresserai des couronnes jolies

De roses cjui te griseront

Et je dirai des folies :

Je te dirai, que sais je moi ?

Tout ce que le printemps soupire î Tu ne te doutes pas, ma foi.

De tout ce que je saurai dire.

Au lii'fnnn

J.e soir venu, gais comme des pinsons.

Nous chanterons l'amour en vers ou prose

Disant d'amoureuses chansons

Devant le crépuscule rose.

Puis, dans un coin, sur le gazon.

Car l'amour aime qu'on l'arrose.

Nous nous griserons sans façon De quelque vin clairet et rose !

.1// Befrnin.

(J'jCs E-^)lunccs

Aiw : Les Slaïufs de l'irgu'r A mon ami V. Marinieh.

Quelquefois, en levant les yeux, vraperçois au cinquième étage, L-n' femm' déjà d'un certain âge En train de défair' ses faux ch'veux.

J'éprouve toujours un tel charme Devant tant de simplicité Quil m'en vient alors une larme De désir et de volupté.

Ma belle a mauvais caractère, Engueul' sa mère et cogn' sa sœur :

Pourtant son charme a su me plaire Et je l'aime pour sa douceur^

— Mi -

( orninc la giièpe aime la lleur, .r;iitned'un amcjur point frivole Son teint piqui' d' la p'tit' vérole.

Semé de taches de rousseur.

Comme un turco aime l'absinllie Où sa soif se peut apaiser, Comme la taille aime l'étreinte Kt la lèvre aime le baiser.

J'aime ma divine maîtresse

Bien quelle ait cinquant' ans mêm" plus:

Oui je l'aime pour sa jeunesse

Et je l'ador' pour ses écus.

Vaipe ct)ar)sor)

Vainc chu/iso/i

Mnsi(|ii(' do I'. Mariiiior, A mon ,</N/ CiiAHlJ-s Li; (i<")i I ic

C'était au doux temps des verveines.

I/amour chantait sur le chemin ; Le printemps bouiHait dans nos veines Et votre main toucha ma main.

C'était au doux temps des verveines.

I Tous les pommiers étaient en lleurs

Quand j'ai senti l'ivresse naître :

A mes aveux, comme à mes pleurs.

Vous avez répondu : a Peut-être >) !

Tous les pommiers étaient en fleurs.

C était au temps des coccinelles ; \'os lèvres, en brûlants baisers, Ont jasé d'amours éternelles Que rien ne saurait elTacer !

C'était au temps des coccinelles.

Kdition do la Maison Ricordi, 12 rii(> do I.i'^honiie.

Li's rcinllcs. |>ri'nant loiir issor, Tuinbaicnl. Linicntablc cortège ; .If vous dis ; M jiimez-vous cncor ? •• X'niis in'jjVL'Z répondu : v (^u'en sais-jc ? »• Les fouilles prenaient leur ess(ir.

C'était au temps des neiges blanches ;

X'otre cceur à demi fermé

Frissonna sous les avalanches

lit vous ne m'avez plus aimé I

Au premier temps des neiges blanches '.

oùice

'jcj no^ucc

A Mad.inip ^'vettf fli'ii.uFirr Miisiqno do Iv Messikhi-;

C'est pur comme l'est la rosée,

Tendre et frais comme l'est la fleur ;

Son âme a l'air juxtaposée

Sur le balancier de son cœur,

C'est aussi chaste que novice,

Et ça ne possède aucun vice,

Etant ignorante sur tout.

Eir veut savoir tout... tout .. tout

Comme elle esta la fleur de l'âge Et ne comprend rien à l'amour, A l'art dêtre mère, au ménage, On ne peut lui faire la cour.

Étant pure comme un poème De Musset qu'on lit et qu'on aime, Et, vierge, n'ayant aucun goût, Eir désire tout . . . tout . . tout.

(■ I n .1 I I n lis dj H *aud.»laire \'()j!u connaître «Fleur de m il:»> ('a rougit voyant m Voltaire

( )ii Ijicii (Je /ola <« (icrminal. ■• (".»r ccst la IK'ur de poésie l'ji I.K|iii'll('()ii boit rambroisic :

M;ns. si vous la poussez à bout l'.W \ oLisaoprcndtout.. tout., tout.

En voyant sa pâleur de cierge Que lui cause la chasteté.

Elle songe à la Sainte Vierge Dont elle a toute la beauté .

Ayant lu ^'irgile et le Dante, En sa robe de communiante, Eir pense au ciel... do lit beaucoup.

Car elle sait tout... tout. . t<^ut.

On croit à la pureté même Alors que pour femme on la prend:

D'un beau livre elle est le poème Que lecteur seul aime et comprend,

L'on n'ose lui fermer la bouehe D'un baiser, tant elle est farouehe !

Si Ton veut l'instruire tout à eoup. Eir exige tout... tout., tout.

Alors qu"avee des airs de sainte,

Chacju' jour nous la voyons passer

Langoureuse eomme une plainte,

L'air chaste et doux comme un baiser,

Se composant un doux visage

Qui d'une Madone est l'image,

Eir se dit, en se fichant d' nous,

vl'sais mieux que vous tout. . . tout. .tout.

Sor) portrait

Soi? pot trait

Musique dp K Hrssii.rf A Madcnioiscllc Ca.mii.i.k (iAi.orjN.

Ma maîtresse a de si beaux 3'eux, Si grands^ si bleus, Au regard tendre,

Que Ion dirait à s'y méprendre Un coin descieux.

Ma maîtresse a de si beaux yeux

Que l'on dirait un coin des cieux

Ma maîtresse a le cou si blanc, Un cou d'enfant Marciué d'un signe,

Que l'on dirait celui d'un cygne Au gré du vent.

Ma maîtresse a le cou si blanc

Qu'on croirait celui d'un enfant.

Edition de la maison I.i 1'.\(.f:. 8, passage de 1 Industrie,

Ma niaitrcssc a si longs cheveux Fins et soveux, Ou'en plein décembre,

ils uni l'odeur d'un parfum d'ambre.

Parfum des Dieux.

Ma maîtresse a si longs cheveux

Qu'on se prosterne devant eux.

Ma maîtresse a les bras si ronds

Et si mignons,

11 faut le croire, Qu'on dirait un collier d'ivoire

Aux plus doux tons; Ma maîtresse a les bras si ronds Qu'on caresse leurs fins chatons

Ma maîtresse a le tout si pur, Comme l'azur. Que, chose étrange,

Vous jureriez que c'est un ange.

Ah ! j'en suis sur :

Ma maîtresse a le tout si pur.

Qu'on dirait un ange d'azur.

Le

ipauOais côté

(Le maiiK'ais côté

ciiAX^owhrrri':

Mnsi(|iit' de I'. Marinier À hioii ;inii IV'lix M v\oi..

Je vais vous raconter l'histoire

D'un jeune homm' quêtait destiné

A vivre l'humeur triste et noire ,

Ça s'est vu sitôt qu il est né.

Le docteur, à tous, à la ronde.

Dit: u L'enfant s'est mal présenté .).

L' pauvr' jeune homme était v'nu au monde.

Il paraît, du mauvais côté. (I)is)

La chose eùt-elle une influence

Sur son sort ? Moi, je n'en sais rien :

Mais, durant tout' son existence.

Fit riend' propre et jamais rien d'bien !

l'idition (Je la maison Ondep, 8:^ Faubouri^ Saint-Denis,

/f^^av^r

Chacun, d'vant ses humeurs moros s.

Tourna r dos à c* déshérité.

Les hommes, les femm's et les chcs s 11 n' les vit qu' du mauvais côté ! Uia)

Pour !a bonn* fonction d' ses organes Il dut prendre énormément d" soins, Absorber potions et tisanes.

De l'avis de plusieurs médcins.

Il but d' tout, fer et foi' d* morue Sans en être réconforté :

Chose étrange et fort imprévue, Ça n'agit qu' du mauvais coté ! (7>/V

Les méd'cins dir'nt : u II s'ra phtisique <* S'il s'ennuie à rester sans but, « Il faut qu'il apprenn' la musique (( C'est p't'étr' là la branch' de salut ! » Mais il n' vit que V coté profane De cet art, le pauvre exalté, Prit des l'çons d'Monsieur V Pétomane, Et n'en fi t q u" du m a u v a i s cùté ! h /v )

A bout d'ordonnanc's, la science.

Décréta de le marier.

Une vierge, un lys d'innocence,

Accepta sans trop s' fair' prier.

Mais au lieu d' prendr' par la tenclress

Cette àm' plein' d'idéalité'.

Par un' funeste maladresse.

Il la prit (lu mauvais coté. f^^''^)

('i»lîi lit un mauvais mcnage ;

L |Kiuvr' jeun' homm', lassé, esquinté,

S'en alla pour le grand voyage,

Le voyag' de l'éternité.

Il partit, l'àme enfin ravie,

Dégagé d' la fatalité.

l'A c'est la seul' ch(>s' de sa vie

Qu'il ait pris' par le bon côté his)

Chanson dïm soir

Chanson dun soir.

Musique de T. Marinier.

A M(i<l;une l.iii (iuKSiKH.

Regardez, Manon, le temps est superbe ;

Des parfums grisants flottent dans les cieux ;

Les grillons bavards jasent parmi Therbe ;

Le bois est profond et mystérieux.

^ Acceptez mon bras et, de compagnie, ' Allons dans cette ombre et cette harmonie

Rêver, comme on doit, en un tel séjour.

C'est si bon d'aimer, ne fut-ce qu'un jour I

C'est si doux le rèv^e et si bon l'amour !

Que vous devriez, Manon, ma très chère,

Me laisser vous faire

' Gentiment la cour.

C'est si bon d'aimer, oui, d'aimer d'amour !

Mditioii do la Maisc»n t\i<oiU)i. 12, rue do Lisbonne.

Perdons nous bien vite en cette ombre douce Prenons les sentiers obscurs et secrets : Craignons la clairière et cherchons la mousse Cachons bien nos pas aux 3'eux indiscrets : Le Hùve a besoin d'un peu de mystère.

\'ous avez, Manon, savcz-vous, ma chère. Regard plein de feu. taille faite autour! C'est si bon d'aimer, ne fut-ce qu'un jour ! C'est si doux le rêve et si bon l'amour, Que vous devriez, généreuse et tendre.

Me laisser vous prendre

Baiser sans détour.

C'est si bon d'aimer, oui. d'aimer damour I

^sos deux amoureux, dans le bois plus sombre. S'en furent rêvant ! où? je n'en sais rien. Combien de romans s'ébauchent dans l'ombre Dont le lendemain, nul ne souvient ?

Qu'importe, après tout, le temps que l'on aime S'il fut doux au cceur. Le plus doux poème N'est-il pas aussi parfois le plus court? C'est si bon d'aimer ne fut-ce qu'un jour!

C'est si doux le rcve et si bon l'amour î Que vous devriez aller, mes charmantes,

Rêver, en amantes,

Aux bois d'alentour.

C'est si bon daimer, oui, d'aimer d'am(^Lir !

ExcessiCeipeiit pressé

(Excessi\'enicn/ picssc

MONOLOfîlK

A II tloclfiir I'ImiiI' Mai ion

Je v^iens v^ous dire un monologue.

Mais au grandissime galop; Le refrain a très peu de vogue.

Et c'est même un petit solo.

Ne craignez pas que je m'étende Sur ce sujet par moi tracé, Ailleurs il faut que je me rende, Et j"suis excessiv' ment pressé.

11 paraît qu'en venant au monde.

(Mes parents me l'ont tout appris)

De mon antichambre profonde

Je voulais sortir à tout prix.

A tel point que, nul ne s'en doute,

Par la fenêtre ayant passé.

Ouvrez, dis-je. ouvrez- moi la route...

Je suis excessiv'ment pressé.

L;»s (Ir \ivr«* «n célibataire, L'n jour je demande la main D'une demoiselle à son père...

Il V consent, ca marchait bien.

J embrasse aussitôt ma future Au papa tout embarrassé X répondis, grâce à la nature :

Je suis excessivement pressé.

Mntre le fromage et la poire

Je plante les invités là :

L'un voulait me forcer à boire,

i> \ w autre me crie : Halte-là !

Pardon, répondis je, ma femme

f Depuis tantôt m'a devancé,

Excusez-moi. . c'est pour madame Je suis excessiv'ment pressé.

Je viens de la quitter à peine :

Donc elle ne m'entendra pas.

Oh ! quelle nuit I oh 1 quelle veine ! Que de trésors et que d'appas î Elle fut bien un peu rebelle, Mais, ce premier moment passé.

Laisse donc, lui dis-je, ma belle.

Je suis excessiv'ment pressé,

N'allez pas lui conter la chose.

Pour toujours elle m'en voudrait ; D'ailleurs, pour défendre ma cause, Je ne lui fais jamais de trait.

Bien le bonsoir, messieurs et dames.

Mon C(jeur n'est pas encore glacé. Et je vole .. éteindre mes flammes., Je suis excessiv'ment pressé !

Les Jeuijes ipariées

(f'jC>) jeunes matiées.

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