L’EVEQUE DE MONTAUBAN
DOCICCICDESTENSE
Suprême tristesse !
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C'était l’autre jour dans un tramway TT à rempli de voyageurs.
le É A l’une des grandes artères de la cité, FE 5. une vieille dame, belle encore -et dont n È toute la personne respirait la distinction, L- 3 vint s’asseoir un peu plus loin que moi. S 4 Elle se soutenait au bras d’un jeune 8S E homme de vingt-cinq ou trente ans qu’à L : sa ressemblance avec elle je reconnus z É bientôt pour son fils Les yeux de la Z % vieille dame, sa démarche, toute son al-
à lure, sa manière de s’asseoir, indiquaient : É qu’elle était encore très alerte. Le 1 à jeune homme, élégamment vêtu, m'avait 3 à l’air tout à fait drôle. Sa figure était > 3 rouge et bouffie, ses yeux à demi-fermés. Pour dire toute ma pensée, il me parut que la mère ne tenait son fils par le bras que pour lui donner plus de pesanteur ou de solidité.
|: Les voyageurs se renouvelèrent petit à 3 petit.
i 4 Au coin de la rue Saint-P....1la vieille dame fit signe au conducteur qu’elle voulait descendre.
Le mécanicien, trop tardivement averti arrêta brusquement son véhicule, et le 3 jeune homme bien mis, s’allongea de tout = son long dans l'allée.
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Ce fut plus triste encore.
Cet homme ne put se relever seul.
Il était trop ivre pour cela. Le mécanicien et le conducteur dûrent le prendre sous les épaules et le conduire Jusqu'au trottoir.
Involontairement, je levai les yeux lorsque la pauvre vieille dame passa de-
vant moi. Une grosse larme coulait sur sa joue.
Oh ! qu'ils sont lâches les fils qui
forcent leurs mères à rougir pour eux |!
L'’alcoolisme exerce une influence di.
recte et immédiate sur le développement de la tuberculose. La lutte contre la tuberculose doit tendre à combattre à outrance l'alcool qui est le véritable cancer du corps social.
Dr BAER
L'alcool n’est pas nécessaire à la santé et à la vie; les personnes qui n’en font Ë pas usage semblent atteindre un âge plus avancé: les tables de mortalité rédigées par les compagnies anglaises d’assurances prouvent le fait à l’évidence.
Dr SEVERIN LACHAPELLE
L’intempérance donne de courtes joies et de longs déplaisirs.
DEMOCRITE
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Un métier dangereux
Personne ne nie aujourd’hui l’influence néfaste de l’abus de l’alcool sur la durée de la vie. Une statistique récemment publiée en Angleterre ouvrira les yeux aux plus aveugles sur cé point.
D'après les actuaires anglais les plus compétents, dans la plupart des Compagnies d’assurances anglaises sur la vie, la proportion des décès attendus n’est que de 70 pour cent pour les abstinents ; pour les assurés non-abstinents 98 par cent des décès attendus se réalisent.
Ces chiffres sont éloquents. n'est-ce pas ?
Mais voyons les ravages de l’alcool chez ceux mêmes qui font métier de le distribuer à leurs semblables.
En 1870, des sociétés d'assurances écossaises instituèrent une commission chargée de rechercher quelle était la mortalité chez leurs assurés qui vendaient de l’alcool. L'enquête remonta jusqu’à 1854, et ses recherches portèrent sur 79,215 hommes et 5,856 femmes. D’après le rapport de la commission, les détaillants de bière (fau verre) présentent une proportion de mortalité réelle de 3.67 par cent, contre une mortalité attendue de 1.59 par cent, c’est-à-dire
.2.09 par cent d’excès; les restaurateurs un excédant de 1.3 par cent ; les aubergistes de 1.00 ; les hôteliers de 0.90; les | marchands de liqueurs de 0.94 par cent. | Le métier d’aubergiste ou de détail. | lant de liqueurs alcooliques mènc vite | à la fortune, dit-on ; c’est possible, mais n'oublions pas qu'il conduit très vite à la mort aussi. Les chiffres que je viens de citer le prouvent avec une précision l tristement éloquente.
Il est temps de réagir, et l’unanimité de tous ies médecins sur la question de l'alcoolisme, mérite de faire réfléchir les plus enragés buveurs. On ne peut pas les accuser de prêcher pour leur paroisse, les médecins !.. S'ils recommandent la tempérunce, ce n’est pas
pou grossir le nombre de leurs consultations...
Dr VIDI
Un peuple qui s’alcoolise et qui par suite fait souche de dégénérés et d’idiots, d’épileptiques et d’aliénés, est un
peuple qui s’étiole.
Dr LEGRAIN
Comme les acides dissolvent certaines substances, de même l'alcool détruit la volonté.
Cardinai MANNING
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ble apostolat.
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Ce que peut le médecin
Quand bien même je vivrais cent ans, je n’oublierai jamais la belle action dont je fus témoin un soir que j’avais l’honneur d’être reçu au foyer hospitalier du docteur M...Ce bon citoyen est allé, il y aura bientôt dix ans, chercher sa récompense là-haut. Je puis donc parler sans craindre de blesser sa modestie.
Vers onze heures, alors que lg docteur M...se préparait à prendre un repos bien mérité, on sonna à sa porte. C'était un pauvre diable qui venait le chercher pour sa femme dangereusement malade.
Au dehors, la tempête faisait rage.
Ce soir-là, le docteur souffrait d’un rhumatisme, qui lui refusait presque l’usage de ses jambes. Il n’hésita pas un seul instant, il n’eût pas un mot de plainte. Il se fit habiller et monta en voiture. (C'était un trajet de quatre ou cinq heures qu’il entreprenait à travers la tempête. Et pourtant le docteur M..
donrait ses soins à cet individu et aux siens depuis au-delà de vingt ans sans avoir jamais reçu uu sou. Ah ! c’est que pour lui la médecine était autre chose qu’un moyen de gagner de l’argent, plus qu’un art, c'était un vérita-
Un apostolat !
Y songent-ils, nos médecins, à l’apostolut qu’ils pourraient exercer parmi le i peuple canadien dans la lutte si vail- È lamment entreprise contre l’hydre de l’alcoolisme ?
Quel est celui qui connaît mieux que le médecin tout le mal causé par l’alcool ?
N'est-ce pas un célèbre médecin, dont le nom m'échappe en ce moment, qui déclarait, il y a quelques années, que si le secret professionnel ne s’y opposait on pourrait écrire sur les deux tiers des tombes conduites au cimetière : DECES CAUSE PAR L'ALCOOL ?
Et, à ce propos, je suis douloureusement surpris quand je vois un médecin apposer sa signature sur le blanc de licence d’un buvetier ou d’un hôtelier.
Docteur ! Dans vos courses de chaque jour vous pénétrez dans des logis sans feu, où on manque de tout, à part les larmes—qu'on a hélas! en abondance. Vous avez journellement sous les yeux des scènes de misère, de dépravation, de honte, qui vous fendent le coeur, malgré votre stoïcisme de vieux praticien.
Vous savez que c’est chez tel et tel bu.
vetier que le chef de famille, auteur de ces tristesses, va porter, chaque semaine, le salaire si indispensable à sa femme martyre, à ses pauvres petits enfants, et cependant vous avez le courage de donner votre signature à ce mastroquet !
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