‹ Autour de la Comédie-FrançaiseChapitre 10 sur 44 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

tanés. C'est ce que M. Adrien Bernheim affirme par des exemples et des faits dans te livre indispensable désormais aux historiens du théâtre. Livre charmant et de bonne humeur. La manière de certains critiques me fait penser à cet axiome de Montesquieu : « Une faut pas mettre du vinaigre dans ses écrits ; il faut y mettre du sel. » M. Adrien Bernheim y met du sel — et aussi du sucre. Et c'est pourquoi on l'aime et il sait se faire aimer. Les cigales dépourvues et consolées des Trente Ans de théâtre ne me démentiront pas...

Jules Claretie.

Viroflav, octobre 1912.

A LÉON GAND1LLOT

Ce petit livre, en tête duquel M. Jules Claretie a bien voulu écrire quelques pages délicieuses, je le dédie à l'Ami de ma vie : à Léon Gandillot.

Léon Gandillot, c'était pour moi l'Ami, l'Ami que j'avais élu et que je ne chercherai pas à remplacer, parce que je ne le pourrais pas. Je me laissais diriger par lui, tant je le sentais supérieur : supérieur par la tendresse de son cœur, par la clarté de son intelligence, par la noblesse de son caractère.

Un cerveau et un caractère a-t-on dit, et cela est rigoureusement vrai. Gandillot était à la fois une force et un modèle. Les quelques amis qui avaient le bonheur de le bien connaître et auxquels il ne craignait pas d'ouvrir son cœur, le savaient bien. Nous étions fiers d'une telle amitié : nous adorions Gandillot en même temps que nous l'admirions : nous nous inclinions devant lui.

Ceux qui s'imaginaient le bien connaître le traitaient volontiers d'Alceste. Quelle erreur! Alceste, lui qui aimait tant la vie, lui qui aimait tant rire ! Certes le paradoxe l'amusait et il le maniait supérieurement : mais sous ses boutades, quelle rectitude de jugement, quelle franchise

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