‹ Autour de la Comédie-FrançaiseChapitre 11 sur 44 · XVIII DI.DICACE · texte numérisé non relu

XVIII DI.DICACE

d'observation, quelle finesse d'esprit, que de robustes et réconfortantes vérités ! On l'écoutait et on commençait par être surpris : puis, on réfléchissait et on constatait que le bon Gandillot avait tout de même pleinement raison.

Bon, il l'était délicatement, activement, aveuglément. S'il grondait, c'était pour défendre les petits contre ce qu'il croyait être les injustices des grands. Gomment eût-il supporté une injustice, lui qui ne connut jamais que la ligne droite, lui qui était la loyauté même, lui qui remplissait son devoir, toujours et partout, simplement et sans phrase? Que de bonnes et courageuses actions dont il était l'auteur et qu'il avait soin de cacher ! Car il avait encore ceci de particulier qu'il passait sa vie à obliger et ne souffrait pas qu'on le remerciât.

Eh bien ! moi je veux le remercier publiquement aujourd'hui delà parfaite Amitié qu'il me donna pendant vingt-cinq ans et qui pas une heure, pas une minute, n'a été troublée. Je veux aussi qu'on sache bien qu'ici comme aux Trente ans de théâtre et comme partout ailleurs, il n'a cessé de me soutenir dans ma tâche. Oui, il avait relu page par page, ligne par ligne, les quatre petits livres qui précèdent cette série. Il avait même commencé à revoir celui-ci ; malheureusement la maladie arriva, sournoise et féroce... Non seulement il relisait ces articles avec cette scrupuleuse attention qu'il apportait en toutes choses, mais il les annotait, il y travaillait et lorsqu'en me remettant les épreuves, il me disait : « ça va! », j'étais content. Il n'admettait pas les conventionnels éloges ; aussi son approbation n'en avaitelle que plus de prix.

Plus tard, mon cher Léon Delarue, nous raconterons par le menu l'existence si digne, si simple et si pure de notre Ami. Nous parlerons alors de l'écrivain à qui nous devons

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