‹ Autour de la Comédie-FrançaiseChapitre 3 sur 44 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

Voilà, défendu par un révolutionnaire déclaré, le principe de la subvention, subvention insuffisante, bonne au temps de M. Thiers qui la fit voter, dérisoire aujourd'hui que la Comédie-Française n'a pas trente livres de frais comme au temps de Louis XIV, mais cinq mille cent francs de frais par jour. Et certains prétendus défenseurs de la Comédie la voudraient, par leurs exigences, ramener au temps où elle risqua, entrevit la dissolution et la ruine !

C'est encore Félix Pyat qui parle, évoquant pour nous le souvenir d'un bienfaiteur de la Comédie à l'heure du déficit :

« M. le comte Paul Demidoff, écrit-il, prête sans intérêt, généreusement cinquante mille francs à la Comédie-Française et cela, en septembre iS3Q, au moment où il n'y aura plus ni subvention ni commissaire royal, ni maison du roi. Honneur à M. Paul Demidoff! »

« Avec ce secours inattendu, les comédiens ont payé leurs pensions arriérées aux vieux acteurs retirés et blanchis dans le service, aux employés qui se sont cassé bras ou jambes dans les machines du théâtre. Ainsi M. Demidoff a rendu l'existence à quatre ou cinq cents personnes, qui ne vivent maintenant que du théâtre, parce que le théâtre a vécu d'eux. Il faut rendre justice aussi au désintéressement infatigable des sociétaires dont les parts sont nulles ou presque nulles, puisqu'il y a peu ou point de bénéfice, et qui s'imposent chaque jour de nouvelles charges pour maintenir la société dans l'état où ils l'ont trouvée. »

« — Vous vous plaignez quand les vaches grasses ne sont pas assez grasses, disait Got au Comité. C'est que vous n'avez pas connu les héroïques années des vaches maigres! »

// est assez curieux de voir un auteur dramatique tel que le romantique Pyat se plaindre de la part excessive faite

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