PRUDHON
Notre ami Prudhon, qui remplit aujourd'hui à la satisfaction de tous, le poste de secrétaire général de la Comédie- Française, vient d'être nommé chevalier de la Légion d'Honneur. Cette récompense luiétaitdue depuislongtemps... Jene sais pas, en effet, de carrière plus complète que celle de Prudhon. Voyez plutôt.
Prudhon entrait à la Comédie-Française à l'âge de dixsept ans : il sortait du Conservatoire — classe de Régnier — où il remportait le premier prix de comédie. Sa première création, qui le mettait en relief, était celle de Bonaparte, du Lion amoureux de Ponsard : ses principaux partenaires étaient Bressant, qui jouait avec un succès étourdissant le rôle d'Humbert ; Delaunay, Maubant, Mmes Madeleine Brohan, Édile Riquier : le général Hoche était merveilleusement représenté par Leroux, comédien excellent qui, je vous l'ai dit, n'occupa jamais la place qu'il méritait. Quant au rôle d'Aristide, Ponsard le confiait à un jeune artiste qui, entre Régnier et Got, affirmait déjà sa maîtrise et n'était autre que Constant Coquelin.
Pour se créer un rang dans une telle troupe, il fallait beaucoup de talent et aussi quelque peu de patience. Le meilleur moyen de réussir, c'était d'interpréter tous les
rôles, indistinctement... Suivant les sages avis de Delaunay, son chef de file, Prudhon s'attela alors à une besogne formidable et joua sans répit, d'un bout de l'année à l'autre, les amoureux, les jeunes premiers, les premiers rôles, étant tour à tour le Valère, le Damis, le Clitandre et l'Acaste de Molière ; le Dorante et le Lucidor de Marivaux ; le Valentin d'Alfred de Musset et n'hésitant pas, le cas échéant, à aborder la tragédie... Ce fut ainsi que le jeune Bonaparte du Lion amoureux apparut en Pyrrhus àWndromaque : il y gagna d'emblée les suffrages du plus illustre des critiques : Théophile Gautier.
Après cinq ans de Comédie-Française, Prudhon était de tous les artistes, sociétaires et pensionnaires, celui dont le nom était inscrit le plus souvent sur l'affiche ; on allait l'appeler au sociétariat lorsqu'arriva l'Année terrible. Les si émouvants Tableaux du Siège de Théophile Gautier nous montrent comment, en ces heures affreuses, notre premier théâtre organisait ses spectacles. Dans l'avant-scène, autrefois la loge impériale, les blessés convalescents de l'ambulance assistaient à une représentation composée d'Amlromaque et du Médecin malgré lui. Et tous ces braves gens, relevés à peine de leurs lits de souffrance, applaudissaient Racine et Molière aux bons endroits. Dans la tragédie interprétée par Mmes Agar et Favart qui personnifiaient Hermione et Andromaque, Prudhon jouait Pyrrhus et Maubant prêtait aux fureurs d'Oreste sa voix superbe.
J'ai là devant moi, le programme d'une de ces représentations de la Comédie-Française ; il porte la date du 20 novembre 1870... La conférence sur les Sœurs de France et les infirmières civiles est faite par M. Ernest Desmarets ; le second acte de Tartuffe est joué par Talbot, Mlle Emilie Dubois, Mme Provost-Ponsin, et c'est Prudhon qui joue Valère.
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Le troisième et le quatrième acte des Femmes savantes ont pour interprètes Leroux, Talbot, Coquelincadet, Mmes Jouassain, Victoria Lafontaine, Groizette, Edile Riquier et le pauvre Seveste qui, quelques jours plus tard, va mourir à l'ambulance du foyer des artistes, joue Yadius ! A ce même programme, figurent la Lettre du mobile breton, de Coppée et tes Paroles d'un conservateur à propos d'un perturbateur de Victor Hugo sont récitées par Coquelin... Les Pigeons de la République d'Eugène Manuel — le poète des Ouvriers et de la Robe — sont dits par Mme Favart ; les Précieuses ridicules terminent la soirée : Coquelin y joue Mascarille et Prudhon Lagrange.
Rien n'est plus intéressant que d'entendre Prudhon évoquer ces souvenirs du siège de Paris. Le foyer des artistes est transformé en ambulance : la monumentale cheminée le chauffe de ses énormes bûches ; les lits des blessés sont rangés la tête contre le mur de chaque côté de la salle et laisseut entre eux un large passage. Les bustes des poètes sont là qui contemplent les malades et semblent veiller sur eux... Le Voltaire de Houdon continue à sourire sur son fauteuil de marbre : aucun voile n'est jeté sur le patriarche de Ferney : une simple bande de percaline protège son piédestal. Puis notre chère Madeleine Brohan, spécialement déléguée au service de la charpie, entre, escortée de la belle Delphine Marquet. Les internes et les infirmières occupent au bout du couloir la petite salle du buffet, tandis que « l'ingénue », Emilie Dubois, descend à la cuisine placée au rez-de-chaussée — à l'orchestre ! — et y cherche un bouillon de couvalescent... Alors arrive le mois de décembre... L'administrateur Edouard Thierry, annonce que, par ordre, les représentations sont suspendues... Constant Coquelin, Laroche, Cadet, Frédéric Febvre, Prudhon, Seveste laissent au
magasin du théâtre les costumes de Molière et endossent les tuniques de « moblots » et nos comédiennes-infirmières, toutes vêtues de noir, regardent partir leurs camarades, se demandant si elles les reverront jamais ! Le Théâtre- Français a définitivement fermé ses portes : il est converti en une immense ambulance. Et nous autres, bambins de neuf ans, nous avions, en août, — quatre mois auparavant ! — aperçu à Auteuil, descendant la rue Lafontaine, d'innombrables régiments dont les soldats chantaient joyeusement en chœur : « A Berlin ! » Mon père est là-bas au bastion garde national, et ma mère nous a emportés loin du drame horrible auquel nous ne comprenons pas grand'chose, si ce n'est que les lettres paternelles, confiées aux ballons, s'égarent au milieu de la tourmente !...
Je n'oublierai jamais avec quelle émotion poignante Prudhon me raconta tous ces épisodes de la guerre et du théâtre, le jour où notre cher et excellent Georges Chalamet me présenta à lui. Il y a vingt-huit ans décela!.. J'avais obtenu de Léonce Détroyat un petit coin au journal VEslafette. J'étais jeune, ardent, enthousiaste : j'aimais le théâtre comme on l'aime à vingt ans et je suivais toutes les représentations de la Comédie-Française. Prudhon, je crois vous l'avoir dit, y fut un de mes parrains... Madeleine Brohan et Jeanne Samary étaient ses amies et « Madame Madeleine » me fit immédiatement l'honneur de m'inscrire d'office parmi les cinq membres de cette amicale Société des Chevreuillets dont je vous ai expliqué le fonctionnement.
Prudhon, malgré les services qu'il rendait à son théâtre et les nombreux succès qu'il y remportait aussi bien dans le
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répertoire classique que dans la comédie moderne, attendait le sociétariat, mais l'implacable comité, encouragé par son administrateur Perrin, continuait à ne pas élire de sociétaires ! Heureusement, Prudhon, à la quinzième représentation du Monde oh Von s'ennuie, remplaça son doyen Got dans Bellac ; son succès y dépassa de beaucoup celui du créateur et notre comité, pris d'un accès de générosité, nomma en une même séance cinq sociétaires : Mmes Pauline Granger, Gabrielle Tholer, Adeline Dudlay, MM. Prudhon et Silvain.
On l'a dit : énumérerles rôles que reprit ou créa Prudhon depuis le jour où il fut nommé sociétaire, c'est faire l'histoire de notre première scène... Le mot de M. Jules Glaretie ne veut pas de commentaire : ce n'est pas seulement un artiste qu'on récompense en Prudhon, c'est la Comédie- Françai se tout entière qu'on honore.
(S janvier 1910).
Nos théâtres, nos concerts, nos cirques, nos music-halls ont repris leur vie normale, et il faut tout d'abord rendre justice aux personnels des musiciens d'orchestre, des machinistes, des figurants, à tous ces braves gens qui sont les collaborateurs, anonymes mais indispensables, du succès d'un ouvrage dramatique. Ils ont été tous et toutes, sans aucune exception, extraordinaires d'intelligence, de vaillance et d'entrain. Cela, il faut le dire et le redire : on ne le répétera jamais assez.
Combien de fois, durant ces tristes jours, j'ai entendu répéter : « Ce sont les représentations du siège qui recommencent ! » Celui-ci, vieil habitué du Théâtre-Français, rappelait que les portes de la Maison de Molière avaient été fermées en septembre, quelques jours après Sedan ; celui-là, non moins affirmatif, racontait que, jusqu'en janvier 1871, des représentations de toutes sortes avaient été improvisées, et surtout des spectacles diurnes... Spectacles diurnes, vous entendez bien. . . Car, en ces temps lointains — quarante ans ! — on ne connaissait pas les matinées. Seul, Ballande risquait la partie en son théâtre du boulevard du Temple, que dirige aujourd'hui si intelligemment M. Rolle. Il y remontait les chefs-d'œuvre classiques qu'il faisait précéder de
conférences. Ce fut bien après Ballande que Perrin donna l'ordre d'afficher la première matinée de la Comédie-Française : elle se composait du Joueur avec Delaunay et Coquelin, des Précieuses ridicules avec Coquelin, et du Médecin malgré lui avec Got ; au total, neuf actes classiques interprétés par la tête de troupe. Perrin voyait, en cette institution nouvelle, une source de gros bénéfices pour son théâtre, et il appliquait fort habilement une idée qui, il est juste de le reconnaître, était celle de son prédécesseur.
Ce fut ce prédécesseur, Edouard Thierry, un parfait homme de lettres, qui nous a laissé sur ces tragiques représentations du Siège et de la Commune des documents précieux entre tous. Je ne sais, en effet, rien d'aussi attachant, rien d'aussi poignant que ce Journal intitulé : la Comédie- Française pendant les deux sièges. Edouard Thierry, avec une fidélité scrupuleuse, y a consigné, heure par heure, tout ce qui se passait au Théâtre-Français. Notre amie Madeleine Brohan, qui aimait tant à évoquer ce passé plein dé souvenirs, nous disait un jour :
— Ce que Thierry a donné là est un drame, et un drame d'autant plus beau qu'il est impartial. Il faut avoir vécu ces heures-là pour se rendre compte de ce que vaut un tel ouvrage !
Puis, reprenant son gracieux sourire, Madeleine Brohan ajoutait :
— Songez que moi qui vous parle, j'ai eu beaucoup à me plaindre de Thierry comme administrateur ! Si je vous affirme que l'historien a été supérieur, c'est que cela est ...
Les paroles de Madeleine Brohan me revenaient à la mémoire fautre soir, tandis qu'à la Comédie-Française M. Jules Claretie, entouré de son admirable personnel, accomplissait un stupéfiant tour de force... Au semainier, préfet de
police du théâtre, il confiait le soin de rassurer le public, et ce semainier, M. Duflos, plein de sang-froid et d'entrain, accumulait les annonces et se tirait merveilleusement d'une tâche qui, à chaque acte, devenait moins commode. On avait pris mille précautions de nature à distraire ce public : on avait, par exemple, décidé de ne pas baisser le rideau à la fin des actes et, tout naturellement, les changements de décors enchantaient les spectateurs qui ne semblaient plus du tout se soucier des moyens de locomotion qu'ils chercheraient, à la fin du spectacle, pour regagner leur domicile... Sur le théâtre, on était fort anxieux, car à mesure que l'heure avançait, la lumière diminuait. Et malgré tant de difficultés, cette pittoresque représentation de Sire se terminait au milieu des applaudissements ...
A l'Odéon, un brave machiniste à qui je demande « comment ça va » me répond, étonné de ce que je prenne de ses nouvelles :
— Mais ça va très bien, monsieur ! Aujourd'hui on met les bouchées doubles et cela est bien naturel. Me voilà, moi, rajeuni de quarante ans ! C'est le siège de Paris...
Le vaillant machiniste de l'Odéon et les aimables habitués de la Comédie exagéraient quelque peu... La lecture du dramatique Journal d'Edouard Thierry nous renseigne exactement sur tous ces points... Lisez plutôt.
On est alors en plein siège : les deux foyers de la Comédie sont convertis en ambulances et les bustes sourient à des lits de douleur. De décor point, ou plutôt un seul qui représente un salon. De costumes, pas davantage. . . On en découvre bien, mais à quoi bon des costumes, du moment où il est
impossible de jouer une pièce entière et de rassembler les artistes que leurs devoirs appellent, ceux-ci aux remparts, celles-là à l'ambulance?... Le mois de janvier arrive, et le comédien Seveste. celui-là même que chaque année la Comédie-Française honore si pieusement, meurt à Buzenval : on le ramène dans une ambulance militaire, qui porte le nom d'ambulance de la Comédie-Française. Il avait lui-même choisi le combat d'avant-poste... Lorsque, le 15 janvier 1871, le théâtre célébrait, sous le canon, la date de l'anniversaire de Molière, Seveste manquait à la fête : il était de faction à Courbevoie, et le lendemain il adressait à Edouard Thierry la îolie lettre que voici :
Monsieur et cher Directeur,
Vous ne sauriez croire combien je fus peiné en songeant que, cette année, pour la première fois, il me faudrait renoncer à l'honneur de fêter l'anniversaire de la naissance de notre Patron.
Ce ne fut pas là un des moindres chagrins que me causa cette guerre ; mais si je n'ai pu prendre une part active à la brillante matinée donnée à cette occasion, croyez que d'ici je me suis associé au devoir rempli par mes camarades, et que je suis loin d'oublier en un jour tout ce que j'ai tenu de la Maison de Molière.
Vous connaissez mes excuses, mais mes regrets sont plus grands qu'on ne saurait se l'imaginer, et je vous prie d'en agréer la nouvelle assurance, ainsi que les vœux que je forme pour la prospérité future de la Comédie-Française.
Seveste.
Le théâtre, en dépit des obus, tenait à honneur de célébrer Molière, et le 18 janvier, trois jours après la fête du Patron, Seveste arrive, porté sur une civière. Le pauvre comédien a l'os broyé à la cuisse ; il souffre horriblement... Tous ses camarades vont à sa rencontre et veulent l'embras-
Hfi AUTOUR DE LA COMEDIE-FRANÇAISE
ser. Les notes d'Edouard Thierry sont ce jour-là les suivantes :
19 janvier. — Emile Augier est venu en se rendant à l'Académie. Les docteurs Coquerel et Mallez ont vu Seveste. Ils jugent l'amputation inévitable, sans vouloir toutefois rien décider avant la venue de M. Richet... Tout le monde est désolé de ce malheur et Guillard pleure en songeant qu'Ernest Coquelin est, lui aussi, devant l'ennemi. Mlle Tholer, qui faisait Lucinde dans le Médecin malgré lui, a aussi son frère engagé dans le combat. Eile a failli se trouver mal. Mlle Emilie Dubois nous dit que le docteur Mallez parle de la nécessité de mettre Seveste dans une loge d'acteur, s'il s'agit de lui faire subir une opération. — Seveste a prié Mlle Reichenberg d'annoncer à sa famille ce qui lui est arrivé. Mlle Reichenberg n'a pas ce courage, ni Prudhon, ni aucun de ses camarades. Je ne l'ai guère plus qu'eux. Prudhon ne croit pas qu'il faille porter tout de suite cette triste nouvelle à une mère, à une grand'mère, à une sœur, qui ne vivent que par Seveste!.. Seveste demande qu'on laisse les siens dans l'ignorance. Nous ne pouvons organiser un service pour lui seul. Le bois nous manque pour chauffer une loge le jour et la nuit... Seveste consente ce qu'on lui coupe la jambe... Après toal, dit-il, Monsieur Thierry fera bien de moi un régisseur!
Edouard Thierry termine ainsi ses émouvantes notes du 19 janvier :
On dit que nous ne devrions pas jouer la comédie. Si nous ne la jouons pas, qui donnera du pain à la famille Seveste? Jouons, c'est l'avis de Lavoix, de Marie Royer et de tous ceux à qui la question est posée. M. Denormandie pense que le général Trochu veut sortir de Paris pour ne pas livrer comme à Sedan et à Metz une armée française prisonnière. — Vu tantôt Pailleron. 11 pense que nous sommes à la veille d'un dénouement et ce dénouement lui fait peur.
Le 27 janvier, voici la note :
Etienne Arago est venu apporter 300 francs, de la part de M. Jules Ferry, pour Seveste.
Le 29, c'est la fin du siège, et Edouard Thierry rédige ainsi son bulletin de la journée :
Représentation du Misanthrope avec les Jeux de V Amour et du Hasard ; Lafontaine a paru un peu étonné de jouer avec Mlle Croizetle, sans qu'ils eussent répété ensemble.
Ecrit à M. Méline le programme de notre représentation du mercredi, pour qu'il en fasse part à ses amis.
Le 31:
Seveste est mort. Prudhon se charge d'aller à la mairie et à l'église Saint-Roch pour commander un convoi. Vu M. Méline qui nous donne un mot pour que nous ayons aux obsèques de Seveste un détachement de la garde nationale.
Le 1er février :
Le convoi de Seveste était escorté par des carabiniers parisiens. Au cimetière quatre discours et le capitaine des carabiniers invite la foule à crier : Vive la France !
Le 3 février, on donne Bataille de Dames et // ne faut jurer de rien, car on continue à répéter et à jouer, quand et comme on peut. . . Le 4, la note d'Edouard Thierry est conçue en ces termes :
On dit que M. Jules Ferry a invité les directeurs de théâtre à recommencer lundi les représentations.
Ces notes théâtrales, politiques et militaires, d'une si poignante concision, où les noms du général Trochu, de Jules Ferry et de M. Méline se croisent avec ceux d'Augier et de Pailleron, de Madeleine Brohan et de Sophie Croizette, de Seveste et de Prudhon, ces notes dont la lecture nous serre le cœur, montrent que les représentations qui viennent d'être données pendant les inondations, n'avaient fort heureusement rien à voir avec celles du siège...
Je souhaite, pour ma part, que l'administrateur de la Comédie-Française de 1910, qui est l'auteur du Drapeau — un chef-d'œuvre ! — nous fasse à son tour, à l'exemple d'Edouard Thierry, le récit de ce qu'il a vu en ces derniers jours... Nous voulons un livre, un roman, un drame. J'imagine qu'Heures d'inondation de M. Jules Claretie prendrait place, dans la glorieuse histoire de la Comédie-Française, à côté de cet admirable Journal des deux sièges d'Edouard Thierry...
(4 février 1910).
Photo Nadar