‹ Autour de la Comédie-FrançaiseChapitre 29 sur 44 · NOCES D'ARGENT · texte numérisé non relu

NOCES D'ARGENT

Un quart de siècle ! Vingt-cinq ans ! Je vois encore, comme si c'était hier, mon cher ami Henry Régnier se précipiter dans mon bureau du ministère des Beaux-Arts, et je l'entends nous annoncer, rayonnant de joie, que M. Jules Glaretie succédait à Emile Perrin. A cette époque, Henry Régnier remplissait les fonctions de sous-chef du service des théâtres dont mon excellent ami M. des Chapelles était le chef; son père, le comédien Régnier, ne s'était pas contenté de compter parmi les plus grands artistes de son temps (le temps de Samson, de Provost, de Monrose, de Bressant, de Beauvallet et aussi celui de Got et de Delaunay, débutants qui apparaissaient, triomphants, à l'horizon) : à l'art du comédien il joignait celui du professeur et c'était un titre pour des jeunes gens se destinant au théâtre que d'appartenir à la classe de Régnier au Conservatoire. Qui disait élève de Régnier, disait lauréat de l'École de déclamation !... Parmi ces disciples, Constant Coquelin tint le premier rang et rien, je vous l'ai dit, n'était plus amusant que de l'entendre expliquer à l'aide de quels procédés, empruntés tantôt à Régnier, tantôt à son second maître Samson, il était parvenu à s'emparer des rôles les plus difficiles du répertoire.

Page 1