XII PREFACE
Mais c'est lorsqu'ils sont réunis Qu'ils enlèvent tous les suffrages. Ce qui fait le prix d'un tableau N'est pas les détails qu'il rassemble; Ce quon y trouve de plus beau Résulte du parfait ensemble.
Ce « parfait ensemble », c'est peut-être au décret de Moscou quon le doit, à ce décret préparé par M. de Rémusat et d'autres et dont parlent tant de gens qui ne le connaissent point et ne savent pas qu'il a été modifié en partie par le décret de 1850.
J'aurais voulu donner, le 15 octobre 1912, jour anniversaire de la signature du décret de Moscou, le même spectacle qu affichait il y a cent ans la Comédie-Française. Mais — ô combien sont fragiles les succès du théâtre ! — le centenaire du décret eût été étrangement célèbre si f eusse affiché Anaximandre, tragédie en cinq actes et en vers d' Andrieux, et la Femme jalouse, comédie en cinq actes et envers de Des forges. Voilà pourtant ce que représentait la Comédie le jeudi 12 octobre 1812, tandis que Napoléon mettait au Kremlin son impériale signature au bas du décret fameux.
Le comédien Samson, dans un article du Nouveau Tableau de Paris du dix-neuvième siècle et qui date de 183h, parle de ce décret de Moscou « qui est encore, dit-il, la loi première des comédiens et auquel ils doivent en grande partie la conservation de leur établissement ». Et réminent artiste s'applaudit que le ministère et les sociétaires eux-mêmes aient eu recours à V autorité pour préserver le Théâtre-Français de la ruine.
« La Comédie-Française, après avoir touché au moment de sa dissolution, est debout, dit-il, et en pleine vie... Les