VISION
La vie n'est pas morte en tes murs vénérés Demeure trois fois sainte. A l'heure du mvstère J'ai maintes fois erré près de ces lieux sacrés, O Corneille, évoquant ton ombre auguste et
chère.
Chaque fois, j'ai pu voir dans le jardin désert Des fantômes de rois, de soldats, de maîtresses Et j'ai même aperçu près de l'huis entr'ouvert, Des couples s'enlacant dans d'ardentes caresses.
L'ombre de César à Polyeucte et Cinna Horace et Rodogune, à voix basse, mais grave Parlaifdes vanités, et plus loin Perpenna Cherchait Sertorius, triste comme un esclave.
Là-bas fuyait Chimène, avec son noble amant , Tandis que dans un coin, de jeunes amoureuses Conversaient et riaient, en un groupe charmant Repoussant du Menteur les offres enjôleuses .
Etranjçer, prends bien garde, en franchissant le
seuil De cette humble maison. Souviens-toi que ces
ombres De héros immortels réservent bon accueil Au pèlerin pieux, et que dans les nuits sombres Ils dorment plus contents au fond de leur
cercueil !
30 Août IS99 Ed. Spalikowski.
J'ai refermé le. livre ! Pensif, je me relève, et ce n'est pas sans émotion, que je son^^e aux millions d'admirateurs du poète de Louis XIV. Et dire que son triomphe ne fait (jue commencer ! 0 puissance du génie . n'est-il pas vrai qu'aucune autre ne saurait t'égalcrl Et si vraiment tu fus pauvre , ù Corneille, combien n'es-tu pas riche de gloire et d'immortalité 1