‹ Autour de la maison de P. CorneilleChapitre 14 sur 15 · IX - AUJOURD'HUI En Hiver (Décembre · texte numérisé non relu

IX - AUJOURD'HUI En Hiver (Décembre

Quand viennent les mois sombres d'iiiver, la maison semble endeuillée.

Mélancoliquement, le père Diot «balaye les dernière sfeuilles », entraînées par le vent, et le seul bruit de ses pas fait résonner l'écho des pièces mortes.

Un jour triste et morne filtre par les vitraux. Plus rien qui anime le temple du dieu.

Dans ràtre, la bûche ne flambe plus, la flamme qui. si longtemps, grimaça le long des parois noircies, ne se rallumera pas de sitôt, un froid piquant pénètre le visiteur navré, tandis que la bise glaciale gémit et siffle dans les angles, en faisant trembler les fenêtres.

Dans le jardin, les pommiers montrent leurs bras nus, et parfois aux grandes crues, ils voient l'eau de la mare voisine atteindre, peu à peu, leurs troncs rugueux, tandis que l'onde dépose le limon fécondant qui redonnera la vie, au printemps, à mille fleurs nouvelles.

Le gardien vigilant t ent compagnie à Tombre du grand homme qui se plaint sans doute, de se voir délaissé.

Pourtant, l'hiver était si gai. jadis, pour Corneille, au temps des veillées familiales, des causeries auprès du feu, avant qu'il eût abandonné le théâtre pour traduire l'Imitation.

Il est vrai, qu'à cette époque, l'auteur du Cid résidait plus fréquemment à Paris qu'à Couronne pendant la mauvaise saison, ses occupations le retenant au sein de la capitale.

Mais quand la fortune se fut lassée de lui sourire, découragé, triste et vieilli.

Corneille s'cnraitplus souvent de Paris et de Rouen, témoinsde ses premiers succès et de ses derniers déboires, et c'est à la campagne qu'il résolut de cacher ses chagrins , attendant, mais vainement, qu'un événement imprévu le remit en lumière.

Sans doute, aux jours d'iiiver le grand Corneille dût pleurer son brillant passé disparu, sajeunesse envolée, ses illusions perdues, assis près de l'une de ces cheminées de briques, si curieuses, laissant la nuit et la mélancolie envahir la maison et son cœur, tandis que la flamme jetait ses dernières lueurs sur les poutres enfumées et sur les feuilles éparses que noircissaient des strophes péniblement rimées.

Et l'humble maison de Couronne pourrait seule nous dire les joyeux éclats de rire du temps de Cinna, d'Horace et du Cid, et les larmes brûlantes de la triste période de Pertharite et d'Attila!

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