INTRODUCTION
Les grands hommes jouissent du privilège de passionner le public, surtout le public lettré, bien longtemps après leur mort. Non seulement leurs œuvres sont tour à tour admirées et critiquées, non seulement l'homme de lettres indiscret s'introduit dans le\ir vie privée, mais encore les conteurs humoristiques etles érudits, chagrins de n'avoir pu voir le « Maître » et lui causer, se consolent i)ar le culte qu'ils professent pour tout ce qui le touche de près ou de loin .
Corneille mérite bien certainement (lue la postérité ait pour lui cette vénération qui n'est en somme que chose aue.
Son œuvre, de plus en plus appréciée, survivra au milieu de la littérature décadente ; le chantre du devoir réveillera peut-être dans notre génération aveulie les sentiments de noblesse, dejustice et d'enthousiasme qu'elle aurait toujours dû conserver, et si l'œuvre du poète normand n'avait seulement d'autre efîet que de faire renaître dans les rangs de la société l'amour de l'idéal, à ce titre déjà il serait immortel, et son nom mériterait d'être inscrit non seulement sur le fronton de fastueux: monuments , mais encore au fond du cœur de tous.
Aussi, en humble admirateur, me suis-je maintes et maintes fois attardé sous le toit de la maison de Couronne ! J'y ai puisé les documents de ce modeste volume pour lequel l'excellent, intelligent et dévoué gardien, M. Eug. Diot a bien voulu me fournir bon nombre de renseignements , dont je le remercie tout particuUèrcment.
DE
DE
Pierre Corneille