Principaux points de la foy, p
2. L'image de la France représentée à Messieurs des Estats avec la Réfutation d'un libellé intitulé: Le Gaton François, faicf con/re ceux qui maintiennent la Religion et l Estât. Le tout divisé en trois parties, 1615, in-S», p. 97 et 98, par Pelletier, d'après une note ms. du temps sur l'expl. de la B. N. (L. b 36-365 ). La polémique continuait avec Le Caton et Diogène français, pour apologie contre un trait de * L image de la France » où est représentée la réfutation du Caton français, 1615. Ce dernier ouvrage est loin d'avoir la valeur du Caton français, et sort probablement d'une autre main.
DU CARDINAL DE RrClIELIEU 137
un réquisitoire violent contre les Jésuites, auquel Richelieu répondait brièvement ; cette partie des Principaux points de la foy est certainement la plus intéressante, au point de vue historique, car elle nous documente, par l'attitude que prenait Richelieu vis-à-vis des Jésuites, sur ses sentiments à leur égard, et sur les origines de leur futur antagonisme latent.
Plus haut, nous avons cité les auteurs qui, avant Richelieu ou concurremment avec lui, avaient, dans cette polémique, pris la plume du côté du P. Arnoux ; il en est un, en plus de ceux-ci, que nous avons réservé, parce qu'il trouve ici sa place, Mathieu de Morgues, avec son AvTippoTrov ^, une sorte de gazette, qui, sous la forme primesautière et humoristique des on-dit, faisait à la fois le procès des Jésuites et des protestants, en laissant de côté la question dogmatique de fonds.
L'AvTi,ppo7T:ov, postérieur à V Innocence c?e//enc?ize d'Elie Pitard, mentionnée plus haut, empruntait un premier intérêt aux origines de l'auteur ; si Pitard avait étudié longtemps dans les collèges des Jésuites 2, de Morgues avait été novice dans leur maison d'Avignon qu'il avait quittée ou par dépit de n'avoir pu obtenir la régence de première, d'après les uns ^, ou plus probablement parce que son humeur indépendante, vaniteuse et inquiète, sa façon virulente et désordonnée, son tempérament impulsif et violent s'accordaient assez mal avec la rigueur de la discipline de l'Ordre.
L'auteur ne démentait pas son caractère dans son ouvrage ; loin d'entrer dans le fonds du débat, mais en reconnaissant
1. AvTtppoTCov ou contrepoids aux Jésuites etaux ministres de la religion prétendue réformée, 1617, in-S», p. 24. L'atliibution de Touvrage faite par le P. Somniervogel à Mathieu de Morgues d'après une note manuscrite est confirmée d'une façon formelle parle passage suivant d'un libellé de 1632 dirigé contre le pamphlétaire : « Tu n'en parlois pas de la sorte quand, après avoir fait le con- « trepoids des Jésuites et des Huguenots, tu condamnais également les uns et les « autres à vuider le Royaume. Ton discours se voit encore imprimé ». (Première lettre de change de Sabin à Nicocleon, 1632, dans le Recueil de div. pièces pour seruir à V Histoire, 1635, p. 730). Le style et le ton sont bien de Mathieu de Morgues, du reste, et lui seul a pu connaître par sa situation certains détails particuliers relatifs aux Jésuites p. 13; et à la reine mère, p. 16 et 17. L'ouvrage avait deux éditions au moins sous la même date ; le catalogue général de la B. N. n'en mentionne qu'une.