U Innocence deffendue..., p
3. Première lettre de change de Sahin à Nicocleon, 1632 (Recueil de div. pièces pour servir à l'Hist , 1635, p. 741.)
toutefois la pureté de doctrine de ses anciens confrères, il les renvoyait dos à dos avec les protestants, pour se venger, disaiton, de ce que le P. Arnoux l'aurait desservi comme prédicateur auprès du roi ^. Il les opposait les uns aux autres comme également dangereux pour l'Etat, tout en présentant leur polémique comme une querelle purement personnelle, reprochant d'un côté aux Jésuites de « se figurer qu'ils maintiennent seuls l'Eglise », et de l'autre aux Protestants de « se persuader que tout ce qui s'oppose à eux est jésuite * ». Son opinion ne peut être mieux résumée que par l'une de ses boutades les plus typiques : « Pleust « à Dieu que tous les ministres de la religion prétendue réformée « fussent en Canada, et tous les Jésuites à la Chine !... » Il faut ajouter toutefois qu'on lui prêtait à l'égard de ses anciens maîtres cette réflexion peu charitable « qu'il réléguait ces bons Pères en meilleur terroir que les autres... afin que s'y trouvant mieux, ils songeassent moins à revenir au pays d'où il les chassoit... 3 »
Avant d'écrire son livre, l'auteur de FAvrippoTrov a certainement eu connaissance de V Innocence deffendue de Pitard, son ancien collègue dans la maison de la reine Marguerite, qui défendait les Jésuites contre les Protestants, tout en épousant les idées du cardinal du Perron sur le gallicanisme politique ; il le réfute, en etïet, sur quelques points, sans le nommer toutefois, en lui empruntant même certaines expressions ^. De son côté, Richelieu a été en relations personnelles avec les deux auteurs, et il a eu sous ses 3^eux leurs ouvrages en écrivant le sien ; la preuve n'en est pas seulement dans les emprunts qu'il leur a faits comme idées, mais dans la façon dont il a puisé dans leur argumentation, en évitant par sa réserve ou son silence les écueils que lui signalaient et la bonne foi naïve du premier, et la violence impru-