Ibid., t. I, p
Richelieu suivait avec anxiété ces menées contre lesquelles son éloignement l'empêchait de lutter ; ses angoisses sont reflétées par le détail dans ses Mémoires, où il conte longuement comment Modène, malgré ses artifices, échoua dans sa mission ; « il « ne put, conclut-il avec soulagement dans cette constatation, « persuader à la reine de faire chose indigne de son courage, ni « d'avouer avoir failli en ce qu'elle avait bien servi le roi ^ ».
En réalité, l'assemblée des notables que les lettres patentes du 4 octobre convoquaient à Rouen pour le 24 novembre suivant, ■L n'avait d'autre but que la condamnation officielle des actes politiques de la reine mère, et par suite et surtout de Richelieu ; le « principal dessein de Luynes, dit-il, était de faire trouver bon ce « qu'il avait conseillé au roi sur le sujet de la mort du maréchal « d'Ancre et Téloignement de la reine mère 2. » Si l'idée première en avait été inspirée par l'échec de Modène, Luj^nes avait peutêtre aussi estimé la moment opportun pour porter ce coup droit à son ennemi, alors qu'il le savait incapable de conseiller la reine mère du fond de son évèché qu'il ne pouvait quitter, plongé dans ses livres et absorbé dans une œuvre de controverse religieuse passionnante. Le succès des Principaux points de la foy n'avait-il pas, au contraire, appelé l'attention sur Richelieu en le révélant comme un adversaire d'autant plus dangereux que plus souple, et qu'il fallait écraser d'une façon définitive et irrémédiable ? Bien que ce dernier motif paraisse moins vraisemblable que le premier, Richelieu l'a invoqué dans ses Mémoires '\ comme le plus flatteur pour lui ; quoiqu'il en soit, la même date n'en voyait pas moins à la fois la fin des menées infructueuses de Modène, l'achèvement de l'ouvrage de controverse de Richelieu, et la convocation de l'assemblée des notables à Rouen '^
Avant la dissolution de l'assemblée, survenue à la fin de 1617, et à son occasion, paraissait un factum anonyme, la Restauration