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DU CAHDIKAL DE RICHELIi U 157
plus la même; impliqué dans la défaveur de la reine dont il a épousé le parti, et n'ayant plus qu'elle pour appui, il est maintenant tenu à plus de ménagements vis-à-vis d'elle ; aussi, bien que son jugement ne se soit pas modifié, loin de là, va-t-il le noyer dans des éloges qui en atténueront la rigueur; c'est pour cela qu'il revient à différentes reprises sur son « excès de bonté ' », sa « main libérale » ^, sa « générosité » ^, la « douceur de sa clémence » ^, qu'il la compare à une « colombe sans fiel et sans rancune » ^.
Comme dans Vlnslriiction àScliomherg, il dégageait ainsi adroitement sa responsabilité de l'administration de la Régence, mais d'une façon plus significative, en rejetant les fautes commises sur la faiblesse de la reine mère et(( sa facilité à se laisser persuader^», une considération qu'il accentuera encore plus tard dans ses Mémoires '^.
La filiation de la Restauration de l Etat avec les Instructions à Schomberg est, comme on le voit, on ne peut plus étroite ; Richelieu y a puisé encore d'autres éléments; ces « seize millions» qui représentent « la ruine des peuples »^ lui sont empruntés, de même que l'argument tiré du soulagement du peuple ^, que l'on retrouve encore à nouveau dans ses Mémoires 'O.
En réalité, si on lit ce factum entre les lignes, et si on le relit, comme il faut le faire de l'œuvre diplomatique de Richelieu, pour en découvrir le but occulte, si l'on rassemble les appréciations éparses, si Ton rapproche les différents traits, pour leur donner un corps, en tenant compte de la forme intimement personnelle accentuée par la présence à deux reprises, dont une fois au début, du pronom personnel i^, l'on se convainct rapidement que l'auteur a voulu, avant tout, faire un plaidoyer en sa faveur auprès du roi, que l'ouvrage n'est qu'une justification de sa pro-