‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 116 sur 352 · Ibid., p. 11 et · texte numérisé non relu

Ibid., p. 11 et

4 Ibid., p. 12.

de là il n'y avait qu'un pas, et il le franchissait vite, pour célébrer le roi, (( cet Hercule Vengeur » qui avait sauvé sa mère contre elle-même.

Sous son air grave, Richelieu est un maître ironiste ; si le Manifeste ne renferme pas une seule appréciation qui ne soit marquée au coin de la pondération, si l'on peut lire et relire l'ouvrage sans trouver une expression qui trahisse la moindre aigreur, il se plaît, en revanche, à distiller parfois ses rancœurs dans un mot de l'apparence la plus innocente, et à épancher sa rage froide dans un de ces coups subtils où son esprit aiguisé semble avoir travaillé pour sa seule satisfaction ; cette phrase tout anodine en apparence que nous venons de citer en est un exemple : « cet Estât » en parlant de la reine mère, et après avoir appelé plus haut ses favoris « les estrangers », comme elle l'était elle-même, « estrangers » qu'elle avait comblés, auxcjuels elle avait failli sacrifier ses serviteurs français les plus fidèles ! Dans ses Mémoires, Richelieu s'est étendu sur « la poursuite envenimée du maréchal contre les ministres ^ » dont il faisait partie, et sur les préventions qu'il faisait naître et cultivait contre eux dans l'esprit de la reine mère ; à lire le Manifeste seul, il serait permis de se K demander si sa plume ne voulait point marquer là, comme K d'un point imperceptible, le souvenir de ces basses intrigues quasi domestiques dont sa triste solitude augmentait encore l'amertume.

Mais à Coussay, dans « son hermitage » ^, alors qu'il mettait à la hâte ^ sur le papier la Restauration de FEstat, cette première

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