Aveuel, Lettres, t. I, p
3. L'ouvrage a été commencé à la fin de 1617, alors que l'Assemblée de Rouen était encore réunie, mais avec la conviction qu'il ne poui-rait paraître qu'en 1618 ; l'autour prenait en effet la précaution, dans la première édition {La Restauration de VEstat, 1617} de mentionner tout au début, (p. 3), l'assemblée de Rouen comme ayant eu lieu « 1 année dernière )) ; plus loin, il omettait de la prendre, car il parle de la ten'/e de l'assemblée au moment où il écrit, p. 4 et 26. La deuxième édition, parue sous le même titre, en 1618, ne diflère que par la date et par la mention de la dédicace au roi sur le titre : elle présente donc l'anachronisme résultant du fait de la mention de l'Assemblée signalée ci-dessus ; elle est imprimée en caractères différents de la première, avec un texte incorrect comme orthographe, et de nombreuses fautes d'impression Ces détails prouvent les difii cultes rencontrées dans l'impression de ce factum par Richelieu, si soucieux de la bonne exécution typographique de ses œuvres. — Dans les trois éditions suivantes, il a été apporté les modifications exigées par le
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édition du Manifeste, il était sous l'impression de faits bien plus récents, et l'état d'esprit que nous révèle ce premier jet de sa plume est confirmé par le brouillon d'une lettre de lui préparée pour le roi vers fin juin 1617 *, quelques jours après avoir reçu de celui-ci l'injonction de ne point quitter son diocèse devenu un exil. Ce document nous apprend qu'à Blois,où il avait suivi la reine mère, il avait été loin de trouver auprès d'elle la situation de conseiller privilégié et de chef de parti sur laquelle il comptait ; l'envie de quelques personnes de l'entourage de la reine avait cherché, par des calomnies, à donner à sa maîtresse « des ombrages de lui » et à le rendre odieux ; il fallait que son crédit eût été bien ébranlé, pour qu'il eût pensé un fcuI instant à faire au roi pareille confidence. Comme on pourrait se le demander, elle n'était point un artifice destiné à désarmer les défiances de celui-ci ; la Restauration de l Estât vient prouver la sincérité de ce mouvement, par son attitude vis-à-vis de la reine m.ère ; l'amertume et une secrète rancœur de son ingratitude vis-à-vis de lui, se trahit dans la sécheresse de ses expressions lorsqu'il parle d'elle, dans la façon dont il insiste sur la faiblesse de son caractère, dans la pitié quelque peu dédaigneuse qu'il lui témoigne, dans quelques expressions de blâme ou de sarcasme où sa plume échauffée par sa joute de la veille avec les ministres deCharenton a suivi de trop près la pensée. Richelieu était trop diplomate pour ne pas comprendre sa faute ; aussi dans le Restabîissement de l Estât, la troisième édition du factum, qui est en réalité la seconde, apportait-il avec certaines corrections les tempéraments nécessaires; des qualificatifs respectueux accompagnaient cette fois le nom de la « Reyne vostre mère », comme il la désignait au roi ; c'était « la Royne vostre très honorée Dame et mère », ou « la Royne vostre bonne mère », ou « vostre mère grandement bonne »''; au lieu d'avoir /^ec/ze, la reine mère était taxée d'avoir manqué par excès de bonté ^...
changement de date ; les deux premières sont sorties des mêmes presses, et présentent les mêmes défauts d'impression ; elles sont identiques, et ne prf-senlent que des différences insignifiantes de texte avec la troisième, Le Manifeste de la Roy ne-mère.