‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 118 sur 352 · Avenel, Lettres, t. I, p. 541 et note · texte numérisé non relu

Avenel, Lettres, t. I, p. 541 et note

2. La Restauration de l Estât, p. 6, 13, 18, 23, 24 ; Le Manifeste de la Reine mère p, 5, 9, 12,

3 La P^es auratir.n de VEslal^ p. 18; Le Manifeste, p. 12.

DU CARDINAL DE RICHELIEU iol

Dans \a Restauration de l'Estat, Richelieu s'était, il est vrai, hâté de corriger quelque peu par un panégyrique son attitude trop hautaine de justicier vis-à-vis de la reine, en rappelant qu'elle avait souffert sans se plaindre pour le salut public « tant de veilles, « tant de travaux » ; il accentuait encore cette note, dépassait même la mesure, cette fois, dans l'édition suivante, avec une prolixité qui fait encore plus ressortir son parti pris de résipiscence, en y ajoutant « tant de chaleur, tant de froidures, tant « d'ennuis, tant de soucis, tant de fascheries, tant d'importunitez, « tant de malveillances, tant de haynes, tant de médisances, tant « de calomnies et d'impostures^... »

L'auteur abordait ensuite la défense de ceux qui avaient servi la politique de la reine, et qui avaient eu des relations avec les anciens favoris ; sa personnalité ne pouvait intervenir plus directement et sans moins de dissimulation. Le premier point était délicat; Richelieu ne veut pas fuir les responsabilités, et s'abriter derrière la reine mère, ce qui l'annihilerait ; d'autre part, la couvrir est se condamner La variante pour ce passage est d'un intérêt de premier ordre ; le premier geste de Richelieu mérite d'être étudié de près : « J'ay tousjours creu faire votre service sous « ses commandemens 2 », dit-il au roi en parlant de sa mère. Au premier abord, il ressemble à une excuse, et pourtant il n'a rien de tel, si l'on se reporte à l'esprit qui domine dans ce factum ; c'est un geste d'amertume sarcastique, de découragement profond ; la preuve en est que lorsqu'il se reprend, Richelieu qui adoucit alors, supprime ce qui peut apparaître de blessant et d'aussi dur pour le roi que pour sa mère dans ce doute sceptique sur leur union- ; il va maintenant affirmer : « J'ai toujours fait vostre service sous ses commandemens » -^ ; Richelieu est redevenu lui, dans le rôle qu'il achoisi, le défenseur de la royauté unique ^ et quasi impersonnelle.

Page 1