‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 133 sur 352 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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préparées pour le cloître et mal trempées pour le renoncement suprême ? Un réveil brusque de ses ambitions lui faisant entrevoir une déchéance dans la réalisation de ses nouveaux projets ? Un passage de V Instruction, du chrestien permettrait de le supposer, alors qu'il rappelle que dans l'ordre hiérarchique le « religieux » vient après V c( évèque » ^ Une nouvelle qui lui parvient brusquement de l'extérieur, de Paris ou de Blois, lui apportet-elle inopinément une lueur d'espoir ? La nuit de l'Histoire gardera sans doute toujours le mj^stère qui enveloppe ces questions ; un seul point se dégage : l'Instruction du chrestien représente le moment où Richelieu a touché le fond de ses déceptions, et où il s'est résigné à disparaître de la scène du monde, en se réfugiant dans la vie purement religieuse. Il semble du reste qu'il ait tenu lui-même à aider à cette nuit en marquant par son silence la véritable signification de ce souvenir à ce diocèse qui a vu son zèle apostolique, ses débuts dans la vie politique, et qui l'a porté d'abord aux Etats, puis au pouvoir, et auquel il consacre sa dernière pensée avant de troquer le camail violet contre la robe de bure qui lui rappelle à la fois son ami le P. Joseph, son frère Alphonse, et aussi le sobriquet d'un de ses ancêtres. Dans ses Mémoires, où il est plus que sobre de détails sur son séjour à Avignon, alors qu'il vient de parler avec complaisance des Principaux points de la foy, il reste muet sur VInstrnction du chrestien; cette omission volontaire est significative. Ce dernier ouvrage lui rappelle-t-il des souvenirs trop pénibles ? A-t-il eu honte de ce qu'il regarde peut-être comme une faiblesse passagère ? Ne craint-il pas de se diminuer en rendant public cet accès de désespoir où il a douté de lui-même au point d'abdiquer définitivement sa personnalité politique, et de renoncer à la lutte en posant un pied sur le seuil du cloître ? Voilà sans doute l'hypothèse la plus vraisemblable, car elle explique aussi le mystère dans lequel il a écrit Y'Instruction du chrestien. Il en a caché en effet soigneusement l'éclosion, ainsi qu'il ressort de sa correspondance, et d'une série de faits concordants, malgré les difficultés d'une preuve négative. Pour les Principaux points de la foy, il avait annoncé à tous qu'il était plongé dans ses livres, il en faisait le sujet de ses lettres, il indiquait l'objet de son

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