‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 136 sur 352 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

La guerre entre Louis XIII et Marie de Médicis, — Les Veritez chrestiennes : la Harangue de Richelieu ; le Manifeste d'Angers.

Son rappel de l'exil et l'autorisation équivalente à un ordre de reprendre sa place auprès de la reine mère était loin d'être une mesure désintéressée de clémence vis-à-vis de Richelieu; la nécessité seule l'avait dictée à Luynes, alors qu'il avait paru céder aux suggestions du P. Joseph et de l'abbé de la Cochère. En réalité, il avait compris certainement la faute qu'il avait commise en éloignant de la reine mère le conseiller qui lui était à lui-même le plus redoutable, il est vrai, mais qui était aussi le seul capable de contrebalancer le courant des résolutions extrêmes dans lequel la reine mère était de plus en plus entraînée. Il ne s'était pas peu accentué depuis le départ de Richelieu qui avait été le signal d'un déchaînement de passion de part et d'autre ; du côté de la reine mère, il était justifié jusqu'à un certain point par les persécutions dont elle avait été l'objet, avec ses créatures. La complaisance avec laquelle Richelieu s'est étendu sur elles dans ses Mémoires, la façon dont il relate le châtiment de Durand et des frères Sity, châtiment disproportionné à leurs pamphets « mal digérés » contre le favori ', laisse bien deviner son but de ne rien dissimuler des difficultés de la tâche de pacification qu'on lui imposait, et qu'il acceptait, et par suite de rehausser l'importance de son rôle. L'acuité des rapports qu'il trouvait à son retour d'exil, entre le roi et sa mère, mettait aussi en relief, par une comparaison toute naturelle, l'influence pacificatrice qu'il avait exercée jadis, et qu'on avait méconnue en l'éloignant. Richelieu a dû lire avec satisfaction VExtraicl des raisons et plaintes que la Reyne mère du Roy fait an Roy son fds, un réquisi-

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