Avenel, Lettres.. , t. I, p. 584 et suiv. et note
3. Je fus par prudence contraint .. à l'imitation des sages pilotes de céder à la tempête ; n'y ayant point de conseil si judicieux qui ne puisse avoir une mauvaise issue, on est souvent obligé de suivre les opinions qu'on approuve le moins. {Mémoires, t I, p. 576.)
4. Lettre et advis sur les affaires de ce temps envoyée à M. de Luynes par un très fîdelle serviteur du Roy et grandement amateur du repos public. A Paris,
Luynes et de ses frères, qui rappelaient singulièrement ceux que l'on avait reprochés au maréchal d'Ancre ; le Parlement venait de se refuser à enregistrer des édits nouveaux uniquement destinés à les enrichir et ruineux pour le peuple ; ils avaient bafoué Villeroj^ et le président Jeannin, imposé leurs volontés dédaigneuses aux ministres; ils venaient de mettre la main ou par des violences ou par des marchandages aux dépens du roi sur les gouvernements et les places qu'ils fortifiaient en hommes et en munitions, d'accaparer le régiment de Normandie, les compagnies de chevaulégers et des gens d'armes du roi... « On conseilla alors à la reine de parler * » ; mais Richelieu s'y opposait, et différait, « afin, dit-il, « qu'on ne pensât pas que ce qu'elle feroit par raison se fît par « faction » ; il avait un sens trop pratique et trop subtil des affaires pour se tromper sur l'issue d'une lutte engagée dans des conditions pareilles. En réalité, la reine mère ne pouvait rien par elle-même ; si elle servait de prétexte pour grouper les mécontents, encore fallait-il que ceux-ci eussent pour mobiles des intérêts assez puissants pour que leur concours fût efficace, et dans cet ordre d'idées, avec cette société encore féodale, seule l'alliance des princes, cimentée par leurs appétits, était capable d'assurer au conflit, en tout état de cause, un dénouement acceptable, en même temps que de légitimer une rébellion qui, en dehors de leur autorité, n'eût été regardée que comme un vulgaire soulèvement de factieux; Richelieu ne connaissait que trop bien leur force qui avait eu pendant si longtemps raison de la Régence, et il est assez piquant de constater qu'il attendait patiemment l'initiative de ses anciens adversaires devenus à leur insu ses alliés.
Une circonstance toute fortuite se produisait dans ce sens : le duc du Maine quittait brusquement la Cour pour échapper à la vengance du favori blessé par lui dans son amour-propre et se rapprochait de la reine mère ; une série de mesures prises à cette occasion par le gouvernement contre eux, ou au mépris de leur autorité, achevait de décider Richelieu : « Gela la convia, dit-il, à se plaindre au roi des mauvais conseils qu'on lui donnait -. »