Veritez chrestiennes..., p
« en mains ses armes, ses finances, toute sa puissance avec la- « quelle ils peuvent faire tout ce que la crainte qui est la plus forte « de leurs pa<sions leur suggérera. Que si elle les portait à quel- « que violence, cela pourrait donner un mauvais nom à V. M., « encore qu'on n'eût employé que son pouvoir, sans le consente- « ment de sa volonté... ^ »
Les considérations religieuses déduites point par point comme dans une thèse d'école et qui servent de trame à l'ouvrage, achèvent de lui donner l'apparence bénigne d'un sermon, mais la menace n'en subsistait pas moins, et éminemment agressive, malgré sa forme mesurée.
De Luj^nes ne se méprenait pas sur le danger de cette provocation et sur la puissance du dilemme où le roi était acculé ; nous avons émis seulement l'hypothèse qu'il avait empêché la Restauration de r Estât de parvenir aux yeux du roi ; pour les Variiez, il n'y a pas de doute : « il donna charge, dit Richelieu, quand il l'eut «. ouï, de ne point faire éclater cette plainte ^ » ; il faisait partir le roi de Fontainebleau sans prendre l'avis du conseil, et après l'avoir chambré à Orléans, il dépêchait son beau-frêre, M. de Montbazon, à la reine ; en réalité, cette mission était uniquement destinée à Richelieu ; on le prenait définitivement et sans réserve comme souverain arbitre de la résolution de la reine, lui faisant tout espérer de sa majesté « jusqu'au plus haut degré d'honneur en sa profession », s'il inclinait la reine au désir de Lu^aies, étant regardé en revanche comme responsable de tout, au cas contraire. L'offre et la menace prouvent à quel point Richelieu tenait en main les fils de l'intrigue : les Véritez avaient fait leur effet, mais sur Luynes seulement. Si elles n'avaient pas valu un nouvel exil à Richelieu comme la Restauration de r Estât, elles l'avaient confirmé maintenant dans le sentiment de sa puissance, en lui montrant combien il était dans la bonne voie.
Les Véritez chrestiennes sont bien l'œuvre de Richelieu, quoi-