‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 144 sur 352 · Ibid., p. 75 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., p. 75 et suiv

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Sardini fut chargé de porter au roi la première « d'un style doux et respectueux», accompagné d'une autre rendant raison de celle-là.

Il arriva à Dive, auprès du roi, le 14 juillet ; mais d'après les Mémoires, « il lui fut fait défenses de donner aucune lettre à Sa « Majesté, de \nvae duquel même il fut privé, quoiqu'il dit qu'il ne « portoit rien qui offensât le sieur de Luynes. »

Cette version de Richelieu renferme toute une série d'invraisemblances, d'inexactitudes et d'omissions qui sont d'autant plus intéressantes à constater qu'elles affectent directement l'histoire de sa plume.

La lettre explicative confiée à Sardini pour sa mission portait la date du 8 juillet ; or, ce jour-là, précisément, le roi, parti de Pontoise, allait coucher à Magny, tandis que ses maréchaux des logis poussant jusqu'à Rouen, y constataient le départ subit du duc de Longueville ^, départ qui, d'après Richelieu, motivait la résolution de la reine d'écrire au roi ^ : on peut déduire logiquement que les deux lettres de protestation soumises au Conseil étaient préparées depuis longtemps, et il faut voir dans cette invraisemblance du récit donné par Richelieu sa préoccupation unique de dissimuler la part qui lui revenait, non seulement dans cette résolution, mais dans l'élaboration des deux documents.

Tous deux seraient bien de lui seul, d'après Mathieu de Morgues dont la déclaration formelle ^ a d'autant plus de poids en la circonstance qu'il a suivi de près ces événem.ents, qu'il y a été mêlé par sa situation dans la maison de la reine, et que si sa haine ultérieure pour Richelieu rend en principe son témoignage suspect, il n'en est pas de même surce point spécial, où son affirmation catégorique complète le silence de Richelieu qui

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