Ibid., p
3. « Il (Richelieu) ne se contente pas d'avoir fait extraire les pièces des Mani- « festes de 1617, mais il apporte encore celui de l'an 1619, comme n'approuvant « pas ce que la Rojne escrivit, de Loches cl d'Angoulesme, Il est vray qu'il « n'estoit pas encore arrivé pour trahir sa Maîtresse. Il se devoit souvenir que « la sortie de Blois, et la retraite à Angoulesme avoient produit le rappel de « son bannissement ; et que la guerre d'Angers, la drollerie du pont de Se, et /<^s • lettres de l'année 1620 estoient de son invention, » (Vrais et bons advis de François Fidèle, 1631, page 12, dans les Div. pièces pour la défense de la Reyneniére..., Anvers 1643.)
s'attribuait exclusivement le mérite d'une résolution permettant la poursuite des négociations pacifiques.
Quoiqu'il en soit, et même si l'on fait abstraction du dire de Mathieu de Morgues, tout porte à croire que la première lettre contre laquelle Richelieu s'éleva, et à laquelle la reine renonça à sa persuasion, était bien son œuvre ; ce qu'il en dit, pour « son style fort pressé » qui est dans sa manière, le soin qu'il prenait d'en annoncer l'insertion dans ses Mémoires, ce qu'il n'a fait que pour les pièces de lui, ses précautions pour empêcher la divulgation d'un document aussi compromettant ^ — car il ne nous est point parvenu, — et dont la teneur avait peut-être assez transpiré pour permettre à Lujnes de prévenir le roi contre le délégué de la reine (d'après M. Pavie), tout cela semble bien prouver que Richelieu, s'il n'en était pas complètement l'auteur, redoutait tellement de se le voir attribuer qu'il a dû y avoir certainement une large part.
Quant au second, l'hésitation n'est pas possible, et il est entouré de circonstances spéciales qui lui donnent un intérêt tout particulier.
L'on a vu le soin que prend Richelieu dans ses Mémoires, de dégager sa responsabilité de l'envoi de cette lettre au roi, par l'insistance qu'il apporte à montrer son peu d'influence dans le conseil de la reine, surtout après la venue des Princes; quelle qu'elle fût, il avait intérêt à se défendre non seulement d'en être l'auteur, mais d'avoir joué à son sujet un rôle actif quelconque, car par avance Luynes lui avait fait savoir par le duc de Montbazon, dans sa mission auprès de la reine mère, qu'on lui imputerait « tout, si les choses allait autrement qu'on ne désiroit ^ », tout en lui rappelant, après ses menaces, que c'était à lui qu'il devait son rappel d'Avignon.
Richelieu n'avait certes pas besoin qu'on lui évoquât ce souvenir; il n'était resté chez lui que trop vivace; la leçon de l'exil avait été trop dure pour qu'il osât risquer à nouveau de s'attirer une seconde fois une mesure de rigueur pareille; c'était assez d'un (( manifeste » ; l'attention avec laquelle il évite d'employer ce mot dans ses Mémoires, pour la lettre que l'on convenait d'adres-