‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 146 sur 352 · E. Pavie, op. cit., p. 324, noie · texte numérisé non relu

E. Pavie, op. cit., p. 324, noie

2, Mémoires, t. II, p. 44 et suiv.

ser au roi, en le réservant pour celle qu'il faisait rejeter, est très significative. Mais il n'estimait pas encore cette précaution suffisante; afin d'éviter toute équivoque, il désavouait par avance cet « avis » apporté par Sardini, reniait toute responsabilité à son sujet et protestait même auprès du roi contre lui, comme opposé à ses idées. Nous verrons plus loin ce qu'il faut croire de cette affirmation; mais, quoiqu'il en soit, sa démarche officieuse auprès du roi est un fait certain, auquel il a fait allusion dans ses Mémoires. L'accueil qu'elle recevait lui causait une déception profonde qu'il n'a pu s'empêcher de constater avec amertume : « si le « sieur de Sardini eût porté le vrai manifeste dressé contre « Luynes, dit-il, il eût eu raison de l'empêcher de se présenter, « mais ayant été assuré de bon lieu que ce qu'il portait était « plutôt pour ouvrir une négociation que pour se déclarer irré- <( conciliable, il n'y a personne qui ne juge que son procédé mérite <( grand blâme ^ ».

De son aveu même, Richelieu avait donc fait connaître en sous-main à Luynes, et surtout au roi, le véritable objet de la démarche de Sardini, et il l'avait fait, dans la même forme que son Manifeste de la Reyne-mère de 1618, c'est-à-dire par un imprimé, mais cette fois signé de lui et même daté pour éviter toute interprétation malveillante.

Quel autre but, en effet, que celui-là peut-on assignera l'impression bizarre et officielle de cette Harangue ^ prononcée par Richelieu devant la reine mère le 3 juillet 1620, qui paraissait à Paris en 1620, chez Isaac Mesnier, rue Saint-Jacques, avec permission? C'était un tableau des malheurs de la guerre, une objurgation à la reine de ne pas se prêter aux desseins des mécontents qui abritaient sous son nom leurs intérêts particuliers néfastes à la tranquillité publique, mais au contraire de consolider la paix de la France et d'éviter sa ruine par l'union et la concorde avec son fils, roi victorieux et invincible « qui a les Anges de Dieu pour garde ».

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