‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 148 sur 352 · Avenel, Lettres t. I, introd. p. LXXIX · texte numérisé non relu

Avenel, Lettres t. I, introd. p. LXXIX

5. G. Hanotaux, Hist. du Card. de Richelieu, t. II, 2« part., p. 343.

mer lui-même ou parles soins du prieur de la Cochère *, à Paris, et en une nuit, sous le nom du libraire habituel de Richelieu, qui était aussi imprimeur de la Cour, ce pseudo-conseil donné à la reine le 3 juillet pour la dissuader d'entrer en relations avec les Princes, et de servir leurs ambitions contre le roi son fils. La lettre de présentation confiée à Sardini était du 8 juillet, et il se présentait le 14 devant le roi; l'on voit de quel temps bien court l'on avait disposé entre ces deux dates pour l'envoi à Paris du texte de la harangue, sa composition et la remise du factum à Luynes et au roi. Il est douteux que celui-ci ait eu connaissance de la Harangue avant l'arrivée de Sardini ; car rien n'en transpire dans la relation que le Mercure français donnait de sa démarche; elle est absolument différente de celle des Mémoires, et d'une précision de détails qui la rend absolument vraisemblable; la voici textuellement : « Le soir qu'il fut arrivé à Dives, le comte de Sar- « diny venant d'Angers se présenta inopinément à sa Majesté pour « luy donner une lettre; mais elle lui dit qu'elle savoit ce que (( contenoit la lettre, et qu'elle avoit été concertée à Paris 2, et <• n'en prendroit point de ses mains; qu'il y avoit près de la Reine ' sa mère des personnes de qualité ausqueuls la susdite Dame Reine pouvoit faire entendre ce qu'elle désiroit pour son con- ( seulement. Et à l'heure mesme depescha Boyer qui est de ses <^ Ordinaires, pour s'en aller à Angers donner advis à ses Députés ('. du sujet qu'il avait eu de ne prendre la lettre de la Reine sa (( mère par les mains de Sardiny, et leur commanda de l'asseu- « rer, qu'il ne manqueroit jamais d'affection en son endroit, « nonobstant les prétextes qu'elle laissoit prendre aux brouillons « de troubler son Royaume ^ ».

Ainsi qu'on le voit, l'on n'y pourrait relever que l'emploi par le r oi du terme peu usuel de consentement qui termine lâHaranguet

1. Lumière pour l'bist. de France. {Diverses pièces pour la défense de la Regne-Mère, 1637, p. 33.)

2. Le roi visait-il par là, sur la suggestion de Luynes, Chanteloube qui « ve- « noit de disposer le Comte de Soissons et le Grand Prieur de sortir de Paris ? » Lumières pour l'histoire de France^ dans les Div. pièces pour la défense de la Reyne-mèn-, 1643, p. 33 et suiv.) On peut se demander si de Luynes n'avait pas présenté au roi la manœuvre de Richelieu comme un piège concerté entre lui et Chanteloube, accusation à laquelle le lieu d'impression de la Harangue donnait quelque vraisemblance.

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