‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 149 sur 352 · Mercure français, t. VI, p · texte numérisé non relu

Mercure français, t. VI, p

mais c'est un indice trop faible pour en tirer une conclusion quelconque, et la question reste en suspens. Il faut donc s'en tenir sur ce point à la version de Richelieu bien informé, et admettre seulement comme véridique que, seul, de Luynes en avait eu connaissance.

Nous avons prononcé plus haut le nom du P. Joseph comme auteur possible et éditeur probable de \â Harangue; il nous faut encore le répéter ici, comme celui du seul personnage assez qualifié pour l'avoir présentée à de Luynes; c'est bien lui que Richelieu a voulu désigner en déclarant que de Luynes avait été « assuré de bon lieu » du véritable caractère de la lettre apportée par Sardini; c'est bien lui qui a remis au favori le gage des intentions pacifiques de l'évêque de Luçon, lui qui servait d'intermédiaire entre le roi et Luynes d'un côté, et Richelieu de l'autre, qui se chargeait de leurs lettres, et jouait à Paris le même rôle que celui-ci à Angers ^.

Quoi qu'il en soit, Richelieu était joué une fois de plus, et l'on comprend qu'il ait fait le silence sur cet incident dans ses Mémoires , comme il l'avait fait sur la cause réelle de son exil à Avignon, par un sentiment d'amour-propre bien humain ; de même que nous l'avons interprétée comme un aveu de paternité du Manifeste de lu reine mère, la nuit qu'il a faite sur sa //ara/i^ize du 3 juillet 1620, devenue, du reste, presque introuvable, est un argument de même ordre pour l'attribution à lui-même de la lettre confiée à Sardini, lettre qui, quelques semaines plus tard, alors que les hostilités étaient définitivement engagées, prenait son véritable titre historique de Manifeste d' Angers.

Le Manifeste d'Angers que Mathieu de Morgues confoîidait à tort avec les Veritez chrestiennes et auquel Richelieu se défendait tant d'avoir adhéré, était bien en réalité l'œuvre de ce dernier; la longue analyse qu'il en a donnée complaisamment dans ses Mémoires suffirait seule à établir ce point, si l'on n'y reconnaissait sa main.

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