‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 152 sur 352 · Test, polit., t. II, chap. v, p · texte numérisé non relu

Test, polit., t. II, chap. v, p

Dans les Finances, cette introduction dans le Conseil « d'anciens et expérimentez conseillers d'Estat » n'évoque-t-elle pas et d'une façon frappante ce que Richelieu dira plus tard au roi, à son arrivée au pouvoir, de la valeur du concours des gens de robe longue ^ ?

Il est superflu d'insister sur les projets de la suppression des comptants, et de la modération des Pensions, dons et dépenses, qui ont toujours fait partie du programme politique de Richelieu.

L'article IX touchait le point le plus délicat, car il demandait la limitation de puissance des favoris comme forces et comme places ; Luynes n'était point désigné nominativement, mais il était trop bien visé, et sans équivoque avec l'allusion à « tout ce qui s'est fait depuis quelque temps contre la teneur « de cette proposition. » Il faut reconnaître que l'auteur du Manifeste avait adouci ce qu'elle pouvait avoir de blessant et pour le favori et le roi, par un de ces correctifs qui trahissent la souplesse de la plume de Richelieu, et où l'on reconnaît sa main : « S. M. y apportera, s'il luy plaist, un tempérament « requis, tel qu'il est désiré de tous les gens de bien. »

Les Veritez chrestiennes réimprimées en tête du Manifeste d'Angers avaient leur heure de vogue au moment le plus aigu de la lutte entre Louis XIII et Marie de Médicis ; les exemplaires en arrivaient par ballots à Angers, le 31 juillet, la veille de l'affaire de Pont-de Ce, avec ceux du Contadin provençal, 2, une satire personnelle violente contre Luynes ; plus tard le Recueil de Luynes leur donnait asile. La Harangue de Richelieu, au contraire, passait inaperçue, malgré le nom de l'auteur, et son insigne rareté témoigne du soin avec lequel elle a été dissimulée ; elle ne figure du reste point, pas plus que les deux autres, dans le Recueil des pièces pour servir à l'histoire, et il n'en est pas davantage fait mention dans la longue et acerbe polémique qui commençait en 1631, lors de la rupture avec la

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