‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 155 sur 352 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

4. Fagniez, L'opinion publique au temps de Richelieu, p. 465.

faveur de l'attribution de cet ouvrage à Fancaii est que, dans son ensemble, il s'accorde avec ses idées ; Vliwentaire donne, il est vrai, les titres et résumés d'un nombre considérable de pièces dans le même sens ^, mais elles sont toutes datées de 1625 et 1626, c'est-à-dire de l'époque où Richelieu jouait le jeu de bascule pour neutraliser l'une par l'autre l'hostilité du parti protestant et de l'Espagne, et gagner du temps ; peut-être ne lui déplaisait-il pas alors de laisser croire par le canal d'un organe officieux qu'il était au fond secrètement partisan de la paix avec les huguenots et de les endormir dans la sécurité. En 1621, la situation était tout autre ; le fait seul pour Fancan d'être soupçonné comme l'auteur de ces factums aurait suffi alors pour écarter de lui Richelieu et à tout jamais. A ce moment, celui-ci se trouve dans une situation qui l'oblige à la plus extrême réserve, objet de défiance, comme il l'est, de tous les partis plus encore que pour sa valeur, à cause de son habileté connue ; un vers des Contre Véritez de la Cour ^ en dit long sur sa réputation : « l'évêque de Luçon est un pauvre idiot. »

Il y a j)lus ; à cette époque, il intrigue fiévreusement pour le chapeau qu'il n'aura qu'à la fin de 1622 3, et en dehors de la sincérité, de ses convictions religieuses, il est trop bien instruit par l'expérience pour se perdre irrémédiablement de gaîté de cœur aux yeux du roi, guetté comme il l'est par le favori, et aux yeux du Saint- Siège, en risquant de paraître associé même de loin à des idées aussi hétérodoxes et hostiles à la cour de Rome ; jusqu'à la veille de l'entrée de Richelieu au Conseil et alors qu'il avait déjà la pourpre, le grand railleur qu'était Fancan ne lui reprochait-il pas encore ses ménagements pour le parti espagnol, et sans qu'on y puisse voir une feinte calculée dont sa plume mordante était incapable ?

Il n'est qu'un protestant et à peine royaliste pour avoir écritces deux pièces ; seule la doctrine religieuse qui y est exposée* suffirait à le prouver, sans parler de cette phraséologie spéciale avec ses

1. 238, 252, 257. 263, 334 (1627), 352 (1626). 372 (déc. 1625), 422, 425, 433, 434, 821 (Janv 1625). Extrait des papiers trouvés au cabinet du S'' Fancan, plus consid rahles, selon l'ordre quils ont été cottes. (Bibl. nat., Fonds franc, Ms. 6.651,ff 101 109.)

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