‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 158 sur 352 · Mars · texte numérisé non relu

Mars

De plus, l'on ne s'explique pas que deux ouvrages parus exactement à la même date et du même auteur soient aussi différents Tun de l'autre et sous tous les rapports; alors que le Discours salutaire parle à peine de Luynes, les Remonsirances lui sont exclusivement consacrées en lui attribuant tous les désordres de la France; ce dernier est muet ou à peu près sur la question religieuse qui fait au contraire tout le sujet de l'autre, et avec une modération de forme vis-à-vis du roi qui contraste avec la violence dans le franc parler des Renwnlrances que le commissaire enquêteur qualifiait « d'injurieuses )).Cet ouvrage, il est vrai, ne dit mot de Richelieu; avec un caractère comme celui de l'auteur une seule déduction est possible; ce silence prouve que Fancan n'avait pas encore jeté les yeux sur l'évêque de Luçon pour l'opposer au favori et qu'il envisageait uniquement l'éventualité du retour de la reine mère au pouvoir, ce qui, soit dit en passant, ne fait honneur ni à son flair ni à sa valeur politique; un projet de discours trouvé dans ses papiers ^ semble bien le confirmer, de même que la lettre anonyme d'août 1621 que nous avons signalée au début et dans laquelle il semble considérer seulement en Richelieu le conseiller de Marie de Médicis, conseiller restant dans l'ombre et incapable d'un rôle moins secondaire.

Même en admettant que la Méditation de Ihermite Valérien soit de Fancan, ce que Geley ne fait qu'avec des réticences - converties en réserves par M. Fagniez •^, il faut reconnaître qu'il ne s'y trouve encore pas la moindre indication des vues de Fancan sur Richelieu ; le pamphlétaire se borne à demander « si l'évêque de « Luçon tremperait toujours dans les conseils faibles qu'il donne

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