‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 160 sur 352 · septembre · texte numérisé non relu

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5. Reparties sur la response à la très humble remonslrunce au Roy,.., Pièces curieuses..., 1644, t. II, p. 151.

0. La liste de la descendance de Vincent Langlois {Bihl. nat. Mss. Dossiers bleus, vol. 381-10252-8) mentionne le mariage de François Langlois. fils aîné de Vincent, auditeur des comptes, avec Madeleine de Morguev, nièce de l'abbé de Saint Germain ; malheureusement, cette pièce ne porte pas de date, mais sui-

La France mourante (avril-mai 1623) continuait la phrase commencée sur Richelieu par la Chronique des favoris ; le nouveau cardinal doit maintenant à sa dignité ecclésiastique une indépendance et une autorité qui le mettent à l'abri des intrigues malveillantes de la Cour; désormais, l'on doit compter avec lui; sa personnalité politique s'affirme, et, pour la première fois, Fancan le place au niveau des hommes d'Etat dont l'action peut être un jour prépondérante. Toutefois, dans cette revue des partis et des hommes qui défilent autour du lit ou gît la France épuisée, son nom n'arrive qu'en dernier lieu, d'une façon tellement accessoire et si rapide, avec des réserves qui indiquent une telle défiance, qu'on ne peut s'empêcher de se demander si Fancan n'a pas craint à la réflexion d'être encore cette fois la dupe de Richelieu comme il l'a déjà été successivement et du maréchal d'Ancre et de Luynes; le passage assez court est à étudier soigneusement, car Fancan ne prend point la peine de dissimuler, surtout lorsqu'il n'attaque point et il a toujours l'audace de la franchise; il reconnaît la haute valeur du jeune cardinal « mis par son escarllate à l'abry de l'atteinte des « envies des Favoritz » ; Richelieu, dit-il, « serait capable de donner « de bons elixirs, s'il le voulait, mais il est si accommodant à la « complaisance du siècle, qu'il n'ose parler non plus que la Reyne- « mère ». Voilà le grand grief de Fancan; son pseudo-protégé ne veut point de ce coup d'éclat dont il rêve; on sent que Richelieu reste encore cantonné dans sa réserve, qu'il persiste à s'abriter derrière l'autorité de la reine mère, qu'il ne veut point encore se présenter avec le programme trop absolu de Fancan en désaccord avec ses propres idées, qu'il entend user de ménagements, une tactique inconnue de Fancan et dédaignée par lui.

Il faut reconnaître cependant que Richelieu était le moins malmené dans cette revue satirique, et c'est sans doute ce fait, joint à ses relations postérieures avec le pamphlétaire, qui adonné nais-

vant toutes probabilités, cette union n'a pas dû avoir lieu du vivant de Fancan ; elle est toutefois une marque des relations étroites existant entre les deux familles, ainsi que le fait remarquer M. Fagniez qui la signalée le premier. {Fancan et Richelieu, p. 2.)

sance à la légende qui lui attribue cet ouvrage. La France mourante tout entière est bien de Fancan, et si l'en y remarque une ordonnance plus serrée que dans les précédents et une tenue qui leur font défaut, il faut l'attribuer en partie au fait qu'elle était inspirée comme forme par un factum remarquable de 1614, La vérité avec son conseil secret ^

Une autre cause réside aussi peut-être dans l'inilueuce intellectuelle de l'esprit rigoureux de Richelieu sur l'auteur; elle s'y fait déjà sentir, et se précise encore davantage dans les deux ouvrages suivants de Fancan dont la tenue est plus accentuée; de même, par un parallélisme logique qui vient encore renforcer cette observation, la légende de l'attribution à Richelieu apparaît pour ceuxlà comme plus consistante. Elle était aussi plus fondée dans le fond, il faut le reconnaître, et bien que basée surtout au point de vue historique sur un racontar invraisemblable dû à la plume haineuse de Montchal 2 et à une accusation de Chanteloube, une

1. La vérité auec son conseil secret, bien que fxée à 1615 par le catalogic de la Bibl. Muz., nous semble avoir été écrit avaiU le mois d'octobre 1614, pour plusieurs raisons ; l'auteur réclame des niehures contre les duels (p. 36), ce qui paraît indiquer une date antérieure à l'édil du l*''' octobre 1614 contre les duels ; il demande des mesures contre les financiers, p. 32 et suiv., alors que, le 23 février 1615, les Etals généraux demandèr-'ut au roi l'étublisseineul d'une chatnbn; de justice contre les Huaucicis, mesure »j(ic 1;; Roj' promit de prendre le 24 mars suivant ; enfin, la nature du document qui consiste en 4 liarangues, la première de la Vérité, les 3 autres d un dé jufé de cbacun des 3 ordies, indique quil a été écrit à l'époque de la couvocalioa des Etats généraux.

Les .3 personnages empruntés par l'auteur sont : Gerson pour 1 Ordre ecclésiastique Bayard pour la Noblebse, Michel de IHôpital pour le Tiers E.ai. La relation avec La France mourante est, comme on le voit, on ne peut plus étroite, et une association d'idées toute naturelle évoque ici le souvenir de ce Recueil de pièces que Richelieu a constitué à Pai-is en '614, à 1 époque des Etais.

2. « Il n'est pas hors de propos de renuirquei- que pendant que le marquis de « la Vieuviile presboit le Roi de donner part da)is les affaires au Cardinal de « l'autre côté le Cardinal faisoit faire des libelles diflaniatoires contre le mar- « quis par Fancan, auquel il disoit de ne rien laisser à dire, qu'on n'éloit ja- « mais réduit à vérifier ce qu'on avoil écrit ce que Fancan a depuis confessé au « niarquis en lui demandant pardon, » (De Aîoritchal, Mémoires, Rotterdam 1718, t. I page 67). La mêine accusation adressée à Richelieu par Chanteloube lors de la polémique au sujet de la reine mère, eiait faite en des termes bien vagues qui en affaiblissaient singulièrement lu portée : '• Que ne faites-vous le « procès au Cardinal de Richelieu des livrt-s qu'il escrivoit contre M. deLuyncs « je ne dis pas seulement contre sa personne en cadoniniant le Ministre qui « étoit lors, mais depuis encore en disant toutes les affaires ; comme on peut « voir par le bon François, le mot à l'oreille la France mourante et une infî- « nilé d'autres libelles qui ont été faits ou procurez par le Cardinal de Riche-

source aussi suspecte, l'on ne pouvait plus à propos invoquer en sa faveur l'adage : « is fecit cui prodest. » Les deux factums battaient en effet furieusement en brèche le crédit du Marquis de La Vieuville qui était le seul obstacle séparant Richelieu du roi et du pouvoir, et après le Mot à roreille ouvrant l'attaque, La voix publique qui le suivait de près assurait l'avènement de Richelieu en portant le dernier coup à son adversaire K

Richelieu est entré dans le Conseil étroit ; a-t-il vraiment joué, auprès du roi, comme il le dépeint longuement dans ses Mémoires, la comédie de la résistance, comme il l'avait déjà fait auprès de la reine mère, à son retour de 1 exil d'Avignon. Il n'y a rien que de très vraisemblable, car il n'ignorait rien de l'hostilité de La Vieuville à son égard et savait que celui-ci « ne le faisait pas mettre au « conseil pour servir le roi mais pour le maintenir et, le servir de « lui comme d'une marotte -. »

Fancan y a vu clair ce jour-là ; il connaît maintenant assez le nouveau conseiller « jeune, vigoureux et actif s'accordant très « bien, La Vieuville et lui, en ce qu'ils ne voudraient qu'une « même chose qui est gouverner chacun tout seul », et finalement il prédit au premier sa chute, mais il ne s'arrête pas là, car avec lui « tout le monde a son paquet », même le roi. « Il y en a qui disent, s( poursuit-il en s'adressant au marquis, que vous vous fussiez « bien passé de ce second et le Roy aiisti car puisque Sa Majesté « est advantageusement pourveue de toutes les conditions plus ft nécessaires pour bien régner, qu"est-il besoin de luy donner tant « de conseillers dont la multitude ne fait qu'engendrer confusion ? (( Un seul homme bien fait lui vaudroit plus qu'un millier... » ^.

Voilà qui suffirait à prouver que si Richelieu a collaboré à cette œuvre, ce n'a été que d'une façon indirecte, en fournissant par exemple des éléments de polémique à l'auteur ; son ironie n'a jamais affecté cette forme cavalière; les blessures profondes que fait son épée ne laissent point de traces sanglantes apparentes comme

«lieu. » (Lettre du Père de Chanteloube aux nouvelles chambres dejustice, 1632. Dio. pièces pour la défense de la Rey ne-Mère, 1635, t. V; page 12) Cf. Mémoires de feu M. le Duc d'Orléans, Amsterdam, 1625, p. 182,

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