Response à la Voix publique, p. 2G et
DU CAUDl.NAL DE RICHELIEU 235
Mémoires contre le marquis de La Vieuville, et lu conncxitc intime de ces deux œuvres est frappante comme arguments et comme ton ^. Richelieu l'a écrite avec la Voix publique et la Responce sous les yeux en 5"^ mettant toute sa personnalité, avec sa mesure et sa discrétion accoutumées, mais aussi en cherchant à la dissimuler avec un soin qui le trahit ; il n'y a point cette rhétorique fleurie de la Response qui n'est pas dans sa note, mais comme dans celle-ci, l'on constate des expressions, des tournures, des traits qui détonnent; ce ne sont pas les trivialités ou les violences voulues de la Response ^Richelieu est incapable de se déguiser à ce point), mais des expressions de langage courant, des tournures, des détails qui ne sont pas familiers à sa plume ; est-ce pour la déguiser qu'il invoque le témoignage du comte de Mansfeld ^, qu'il qualifie La Vieuville de (( gentil falot » ^, qu'il narre l'incident du charivari des marmitons devant la porte de La Vieuville, la veille du jour où le comte de Tresme lui apportait la nouvelle de sa disgrâce ^, qu'il montre La Vieuville comme « mettant assurément un chacun au Breniquet s'il avait subsisté plus longtemps » ^, qu'il rappelle en deux mots l'anecdote de Baudin et de la Vierge Marie, anecdote que Fancan racontait en détail dans la Voix publique ^. On serait tenté de le croire, si une hj^pothèse plus séduisante ne s'offrait pour voir dans ces traits humoristiques l'influence de Fancan qui a dû, par réciprocité, s'exercer sur la plume du Cardinal. Quoi qu'il en soit, malgré ces discordances, cette pièce n'en est pas moins l'œuvre d'un diplomate de haut vol, tandis que la Voix publique est l'œuvre d'un pamphlétaire ; il y court, du reste, comme une humeur de bon aloi qui sent l'homme de Cour, et la composition est bien celle d'un homme d'Eglise ou tout au moins d'un scholaste,car la péroraison de cette épître au roi est une homélie; l'aspect d'ensemble, celui d'une harangue tombant de la chaire; enfin dans tout ce factum, l'on sent la haute autorité d'un homme grave, réfléchi et sûr de lui ; le langage est celui d'un homme qui domine la situation etparle en maître, sans aigreur et