‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 166 sur 352 · La Voix publique (Recueil de Luynes, 1028 p · texte numérisé non relu

La Voix publique (Recueil de Luynes, 1028 p

sans passion, jusque dans ses conseils au roi, tout en l'assurant de riiunible fidélité et de la reconnaissance de la France; car il a emprunté à Fancan cette heureuse fiction qui lui permet de ne pas découvrir sa personnalité et de planer au-dessus des partis en se faisant l'écho « de tous les Français » ^ sans distinction, de défendre le P. Segueran ^ contre l'inimitié de La Vieuville en même temps qu'il assure le roi de la pieuse gratitude de tous les « bons françois » ^. Il fait le procès du marquis pour ses grivelées, son audace, son humeur brouillonne et désordonnée, pour sa façon de compromettre le roi, mais auparavant, il a d'abord traité des intérêts supérieurs et généraux du pays, mis à mal par l'ancien ministre. Cette façon d'élever le débat au-dessus des coteries et de le résumer sans prendre parti, Fancan ne la connaît point, et il a dû se dire qu'il était bien joué en constatant que le Cardinal restait impénétrable et entendait demeurer maître de la situation, sans épouser ses haines et ses idées. Dans ce libelle, Richelieu a tracé non pas le programme de sa politique extérieure future, mais exposé les deux grands points qui en seront le premier pivot, le mariage d'Angleterre et l'affaire delà Valteline; dans ses Mémoires, ces deux affaires sont mêlées à ses préoccupations sur l'issue de son duel avec La Vieuville et c'est par là qu'il ouvre son pouvoir. En réalité, Richelieu est resté le maître de Fanean dans cette joute ; c'est lui et non pas Fancan qui y a donné le dernier coup d'épée, dans un geste large comme son génie et le dernier mot, il l'a dit, non pas à La Vieuville, mais au roi, et non pas à l'oreille, mais bien haut, sans mj^stère et devant l'opinion publique tout entière.

Nous avons signalé les conseils qu'il donnait à la fin au roi ; ils sont à rapprocher de ceux de Fancan, d'autant plus que c'est l'un des détails où s'afTirme le plus la différence de leurs tempéraments et la supériorité écrasante de Richelieu; alors que le pamphlétaire les donne presque toujours sous une forme plus ou moins blessante, sa note habituelle, Richelieu les envelopi e

1. Le Remerciement de la Voix publique au Roy, 1624, p. m et v.

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