Hist. du Gard, de Richelieu, t. I, p. 104, note
ché de Liiçon qui figure au titre de l'ouvrage comme l'ayant cornposé ; s'il est vraiment de Richelieu, l'allonymat auquel il a eu recours ici, peut s'expliquer par les considérations générales que nous avons déjà exposées, et nous en constaterons plus loin d'autres exemples pour des œuvres d'une attribution plus sûre. Dans le cas actuel, il se peut que le procédé ait été dii, en outre,, à des considérations d'espèce particulières.
Sans aller jusqu'à dire qu'elle aboutit à une morale relâchée, la Briefve instruction présente, non point accidentellement, mais d'une façon générale, une tendance indéniable à la tolérance et semble même s'écarter quelque peu de la rigueur de la doctrine ; ainsi qu'on le verra tout à l'heure, il en revient une part à la personnalité même de l'auteur, mais cette particularité peut s'expliquer aussi par d'autres causes purement objectives ; cette publication avait lieu en présence d'un parti religieux hostile et prévenu, au rigorisme étroit ; si le zèle apostolique de Richelieu a pu lui inspirer ces tempéraments, il est vraisemblable en même temps qu'il n'ait point voulu couvrir de son nom des idées capables de prêter le flanc à des critiques qui auraient atteint directement sa dignité épiscopale ; et l'on peut admettre facilement qu'il ait estimé prudent, ce qui est d'accord avec son caractère, d'abaisser d'un degré, aux yeux d'un public malveillant, la responsabilité qu'il avait dans la paternité de l'ouvrage.
Le nom de son grand vicaire, et ami ^, Jacques de Flavigny, était tout désigné dans la circonstance ; du reste, dans la mention que Richelieu a faite de ce livre à deux reprises dans ses Ordon^ nances synodales ^, il se contente de le citer comme « imprime par son commandement », sans indiquer de nom d'auteur ; cette réserve discrète est fort significative, étant donné la précision habituelle de sa plume, et si l'on remarque enfin que le terme composé suppose plutôt la collaboration restreinte d'un secrétaire travaillant sur des notes, qu'une élaboration complète et exclusive de tout concours, l'on reconnaîtra qu'il n'est point téméraire pour ces diverses raisons de restituer à Richelieu cet ouvrage.
Son étude corrobore cette opinion, et la première considération qui milite en sa faveur est l'originalité du double but de ce traité