Le k/éritahle . , 1624, p. 11 et
cette pièce est d'autant plus intéressante, qu'elle inaugure en réalité l'histoire de la plume de Richelieu au pouvoir.
Geley l'a attribuée sans autres preuves à Fancan, en la représentant comme une ébauche du Miroir du temps passé ^ ; tandis que l'abbé Dedouvres l'a ajoutée à la longue liste des ouvrages qu'il donne au P. Joseph ^, M. Fagniez se rangerait à l'avis de Geley (i si Fancan, dit-il, avait pu se montrer aussi dur contre les « protestants rebelles ^ ».
Le nom du P. Joseph est tout d'abord à écarter, car les rapprochements que fait l'abbé Dedouvres entre cette pièce et les autres antérieures qu'il donne au P. Joseph, n'ont d'autre importance que de montrer, malgré ce qu'ils peuvent avoir de typique, que l'auteur de la Cabale a eu connaissance des premières et leur a fait des emprunts. De fortes raisons militent, au contraire, en faveur de Fancan, mais de Fancan doublé de Richelieu et non point de Fancan seul, ce qui explique l'objection soulevée par M. Fagniez et nous amène à étudier la nature des rapports de ces deux personnages à cette époque. Nous avons laissé Fancan au moment où il a préparé dans l'opinion publique la déchéance de la Vieuville, et l'élévation de Richelieu par une campagne de presse où il n'a été en réalité que l'instrument de ce dernier, alors qu'il croyait être son parrain tout-puissant ; le succès a cimentéleurunion, mais il a modifié, aussi en même temps leur situation respective. Fancan a subi, par la logique fatale des choses, le contre-coup de l'influence du pouvoir; non point que ses idéespersonnelles se soient modifiées, au contraire ; elles n'ont fait que s'accentuer dans le même sens ; mais il a éprouvé comme les autres l'ascendant de celui qu'il sent maintenant plus capable que quiconque de les réaliser, et il s'est rallié à lui, en mettant à son service toutes ses énergies qu'il a assouplies, dans la mesure que lui permet son caractère, à la diplomatie du maître ; s'il est resté le pamphlétaire» il est maintenant le pamphlétaire quasi docile. En réalité, il fait partie à ce titre de la maison de Richelieu, mais dans une situation privilégiée de sorte de chef du cabinet de la presse, mêlé aux négociations d'ordre inférieur'^et aux petites intrigues qui se jouentau-