‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 178 sur 352 · Geley, op. cit., p · texte numérisé non relu

Geley, op. cit., p

2. Dedouvres, Le P. Joseph polémiste, Paris, 1895, p. 112 elsuiv.

3. G. Fagniez, L'opinion publique et la presse politique sous Louis XIII, p, 394. 4 Avenel, Lettres..., t. VII, p. 941, 11 décembre 1624.

tour du cardinal, souventàl'insQ de celui-ci. Son rôle obscur et quelque peu louche nous est révélé par un document curieux qui a d'autant plus d'importance que les déclarations qui le constituent émanent précisément, d'une façon naïve et spontanée, d'un des écrivains qui prêtent leur plume aux desseins du Cardinal, contre une honnête rétribution ; on voit par elles que Fancan est son intermédiaire attitré auprès de ses confrères en libelles ; c'est lui qui les recrute, traite avec eux, leur donne les indications du maître, a la haute main sur eux, et les confesse aussi à l'occasion...

Comme nous le verrons plus tard, Fancan n'a point, dans ce nouveau poste, abdiqué sa personnalité, mais de chef de parti comme idées, il a passé, momentanément toutau moins, aurôlesecondairede collaborateur ; ceci permet d'expliquer comment la Cabale espagnole a puêtreson œuvre tout en présentant des tempéraments en désaccord avec spn naturel, tempéraments qui sont l'œuvre du Cardinal, et qui vont même jusqu'à paraître en désaccord avec les propres convictions de l'auteur.

Il était singulièrement gênant pour Richelieu de réfuter le Véritable point par point ; c'eût été donner dans le panneau ; aussi se limitait-il à montrer la perfidie de l'auteur acheté par l'Espagne' et l'hypocrisie de celle-ci se servant de la religion pour contenter ses appétits et son besoin de domination.

L'on sent dans ce factum une irritation contenue due encore plus à l'impossibilité de répondre ouvertement et à la nécessité des ménagements, qu'à l'accusation elle-même ; l'auteur ne pouvait moins faire que de s'associer, comme il le faisait, aux éloges décernés à la reine mère ^, ainsi qu'au double mariage espagnol, qu'un poète attardé célébrait précisément en même temps, par une coïn cidence curieuse, dans une forme nouvelle^, mais il le représentait comme une duperie politique pour la France, de même qu'il montrait le peu de cas que les Espagnols faisaient et du Saint- Siège par leurs menées sur le duché d'Urbain '*, et des intérêts du catholicisme par leur procédé à l'encontre du duc de Neubourg ^.

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