‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 179 sur 352 · La Cabale espagnole , p · texte numérisé non relu

La Cabale espagnole , p

5 Ibid., p 5.

Les Jésuites étaient on ne peut plus clairement désignés par le Véritable, lorsqu'il parlait du confesseur du roi ; Richelieu n'avait garde de laisser courir, pour lui répondre, la plume mordante de Fancan, trop acérée et trop compromettante sur ce sujet : c'est même ce point plus encore que celui que signale M. Fagniez, qui nous empêche de croire que le pamphlétaire attitré du cardinal en soit seul l'auteur ; il y répondait par un détour en veloppé de circonlocutions, pour reprocher à l'Espagne d'avoir su trouver des agents dévoués à ses intérêts, jusque dans les « compagnies les plus sainctes» ; mais son évocation des « arrêts donnés contre ces infâmes » dont les os blanchissent encore les voiries ^ » visait trop bien l'Ordre pour qu'il y eût le moindre doute. En réalité, le Véritable était dirigé contre Richelieu seul qui était l'âme de la politique antiespagnole ; aussi, dans sa réplique, faisait-il savoir qu'il ne s'était point mépris sur les intentions de son adversaire ; le passage où il cite le mot de Démosthène aux Athéniens « que ce serait exposer les brebis à la rage des loups, que d'esloigner d'auprès d'elles les chiens ^ » est par lui-même assez significatif.

Une autre preuve de l'immixtion de Richelieu dans cette réponse est la façon discrète dont il se défend personnellement ; jamais Fancan seul n'aurait eu assez de tact pour opposer « aux myrmidons dressés à l'escolle de l'estranger et par conséquent préoccupez de ses affections », la clairvoyance «des ministres de cet Estât, choisis pour leur singulière probité envers Dieu et intégrité envers le Roy ^ » ; ces mots-là sont de Richelieu qui n'a jamais employé pour lui-même de mots d'éloges hyperboliques, et il faut voir aussi un trait personnel d'amour-propre dans sa défense du Conseil « qui n'est, dit-il, en rien inférieur à celu}^ d'Espagne qu'en hypocrisie ^ ».

D'autres passages révèlent sa touche : « Je dis tout en peu de mots 5 », de même que le qualificatif « d'infâmes rebelles ^ » qu'il

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