Ibid., p
adresse aux huguenots dans une phrase manifestement ajoutée après coup à la fin, et qui se retrouve textuellement au début du chapitre de ses Mémoires consacré à l'année 1625 *.
C'est ici que se place pour la première fois une remarque qui ajoute une nouvelle caractéristique à celles que nous avons déjà déterminées pour l'œuvre de Richelieu, et non point seulement comme la sienne propre, sortie de sa plume, mais pour celle qu'il a inspirée, a eu son approbation strictement personnelle, et à laquelle il a collaboré. Presque jamais celte œuvre n'est reproduite dans le Mercure français, soit que Richelieu ait voulu éviter toute publicité significative qui aurait donné l'éveil sur ses origines, et provoqué une curiosité et une critique intempestives, soit qu'il ait voulu éviter simplement de se découvrir, en vertu de sa maxime politique que le (( secret est Tâme des affaires ». Cette précaution contraste, dans le cas présent, avec son souci de répondre à la propagande que faisaient contre sa politique ses adversaires de l'étranger, car à la même époque probablement de l'édition française de la Cabale espagnole, paraissait une traduction en italien, avec le même sous-titre, sans lieu ni date 2.
Le silence du Mercure français sur la Cabale espagnole est d'autant plus remarquable, que le recueil officiel reproduisait intégralement, sous la date de janvier 1625, un ouvrage consacré presque exclusivement à la même thèse que le précédent, mais où la question de la légitimité des alliances était d'abord traitée au point de vue général, sous une forme doctrinale, dans un exposé de principes politiques posant pour la première fois en règle la Raison d'Etat 3 ; au fond c'était la Cabale espagnole, mais non plus ad hominem cette fois, comme le Véritable Yy avait contraint à demimot; il n'y avait plus les mêmes inconvénients à le divulguer que pour le précédent, d'autant que la question religieuse posée par son adversaire, et à laquelle il avait dû répondre de la façon la