Mémoires, t II, p
2. Cabala spagnuola. — Sous-titre: La Cabala spagnxxola intieramente dlscoperta per lo bene délia Francia, e consolazione de buoni Francesi, 10-4°, 14 p., Bib, Maz. A, 15.547.
3. « Quatre raisons d'Estat qui obligent tous les Roj^s à la défense de leurs Alliez », Mercure franc., t XI, p,57.
plus discrète, il est vrai, en était bannie soigneusement, ce qui achève de montrer l'intention de Richelieu de s'écarter par une contre-attaque du piège que lui tendait le Véritable.
Cette pièce, le Discours sur Voccurrence des affaires présentes^ était attribuée par le recueil officiel à « un gentilhomme français afi'ectionné de son Roy et à l'honneur delà France » ; M. Fagniez en a fait ressortir la valeur dissimulée sous une forme trop scolastique et pénible, sans proposer de nom d'auteur ^ ; nous en ferons autant, en constatant seulement que cette forme seule écarte aprzorz celui de Fancan; il faudraitplutôt, pour cette raison même, l'attribuer à un des hommes de robe longue de l'entourage de Richelieu, d'autant que l'ouvrage ne présentait, en ce qui touchait ce dernier, aucune des difficultés du précédent, et qu'il se bornait à une justification de l'intervention française dans l'affaire de la Valteline.
Dans l'ordre chronologique, se présente maintenant le Mz/s/ma politica 2 ; il dénonçait la politique extérieure de Richelieu sous la forme de huit lettres supposées entre de hauts personnages, et s'attachait surtout au concours que la France serait amenée à donner au comte palatin contre l'électeur de Bavière, du fait du mariage anglais. Le Mercure français l'annonçait comme paru vers la fin de février 1625; en réalité, il avait dû suivre de très près le Véritable^ si même il n'avait été lancé en même temps, car c'est à lui fort probablement que faisait allusion la Cabale espagnole, en signalant les libelles diffamatoires que les Espagnols faisaient courir « à Rome, à Madrid, en Allemagne, « voire mesmes dans les meilleures villes de France, contre ceste
1 G. Fagniez, L'opinion publique et la presse politique sous Louis Xlll^ p. 384.
2. Mysteria politica : Epistolse arcanœ virorum illustrium sibi mutuo confldentium leciu et consideratione dignœ. Juxta copiam Neapoli impressam. Antverpiœ, apud H^-nricum Aertsium, 1625, in-4o, 32 p.
Le factum paraissait à la fin de février 1625, d'après le Mercure français, qui en donne l'analyse (t. XI, p. 34-39) Cf. Mémoires de Richelieu, t. II, p. 530. Aubery, Hist. du Card de Richelieu., Paris, 1660. p. 38. G, Hubault, Depoliticis in tiichelium lingua latina libellis, Saint-Cloud, 1856. P. Prat, Recherches hist. et crit. sur la Compagnie de Jésus en France du temps du P. Coton, Lyon, 1876-78, t. IV, p. 577.
« glorieuse alliance d'Angleterre, après n'avoir peu nj^ la faire « réussir pour eux, ny l'empescher pour les autres ^ » ; mais, dans cet ouvrage, Richelieu n'avait en vue que le Véritable qui le touchait autrement que le Mysleria pour différents motifs. Le j^remier et le plus important était leur différence comme fond ; le Véritable , s'il n'attaquait pas ouvertement Richelieu, prenait à partie sa politique en l'envisageant surtout au point de vue personnel, mais sur le terrain religieux ; le Mysteria, au contraire, tout en touchant cette corde, invoquait principalement des arguments d'ordre politique, et se posait plutôt en défenseur des droits de la maison d'Autriche qu'en catholique jaloux des intérêts généraux de la chrétienté. Sur ce terrain, les adversaires de Richelieu le mettaient à l'aise ; il prévoyait le danger d'une polémique religieuse où il en arriverait fatalement à être mis en cause comme cardinal; aussi avait-il tout avantage à restreindre la lutte au domaine purement politique, et à l'accentuer dans le sens des intérêts matériels en jeu. Cette remarque permet d'expliquer dès maintenant une particularité qui apparaît plus tard comme une bizarrerie choquante ;lorsqu'en avançant dans cette polémique, la question religieuse finira par primer toutes les autres, et que VAdmonitio, un pamphlet postérieur, viendra préciser les attaques contre Riche lieu à ce point de vue, on le verra, le premier, évoquer les Mysteria déjà oubliés, revenir sur ce pamphlet, le citer sans cesse, accoler même presque toujours son nom à celui de VAdmonitio dans les répliques à ce dernier; en réalité, si les Mysteria occupent dans l'histoire une place si considérable, c'est à Richelieu lui-même qu'ils le doivent, et le fait est d'autant plus remarquable qu'il avait au début accueilli ce pamphlet avec une sorte d'indifférence qui contraste avec l'émotion violente que provoquait en lui le second. Il y a là une tactique bien définie qui était le résultat d'un calcul profond ; non seulement Richelieu réunissait ainsi les deux réquisitoires pour diminuer la portée de VAdmonitio par le caractère intéressé et plus humain des Mysteria, mais il mettait de la sorte en relief la question politique moins gênante, aux dépens de la question de principes religieux, qui en devenait un simple accessoire avec l'importance effacée d'un moyen.
Le Véritable avait paru en français ; les Mysteria étaient d'abord