Ibid , p. 10 cl
« Loix de leurs Estais, autrement ce ne seroient pas des vertus, « mais de tres-dangereuses fautes... on ne dira pas le Roy injuste, « s'il élargit les bornes de son Estât, et les porte plus loin. Il doit « le faire par raison d'Estat, par les Loix de la Majesté, et parce «■ que dès qu'il touche le Sceptre, il fait un serment solennel, seur lement parce qu'il le prend en sa main, de rapporter toutes ses <«r forces à la conservation et à l'accroissement de son Empire... <# Quiconque doute de ce fondement-là est très ignorant en la Po- «- litique ^. Un particulier est obligé de faire ponctuellement ce « qu'il promet, le Roy n'est obligé de le faire que quand il le veut « et il ne doit pas le vouloir que quand il le ne peut faire sans « préjudicier à son Estât 2... »
Cette doctrine d'un régalisme outré n'était pus faite pour rassurer le parti protestant français sur les intentions d'un pouvoir civil lié indissolublement au Catholicisme, pas plus que le parti protestant étranger sur la sincérité de l'alliance française ; aussi une explication venait-elle tempérer par des restrictions d'espèce la rigueur alarmante de ces principes ; elle prenait pour texte l'allégation de Soubise sur les deux maximes reçues, disait-il, par le roi à son sacre « qu'il ne faut point garder la foy aux Hérétiques « ny à ses Subjects ; ce que le Roy a promis aux Princes et aux « Estats de contraire religion, » répliquait l'auteur de la Response, « il leur a inviolablement tenu... » Et il exposait sur ce point la doctrine de l'Eglise « qu'on doit garder sa fo}^ aux Hérétiques, » en s'appuyant, avec toute intention de l'autorité d'un jésuite, l'Ordre que les protestants accusaient, parun lieu commun traditionnel, d'être la cause de tous leurs maux •^.
La même doctrine reviendra, sous une forme un peu différente,, 1 est vrai, dans le Catholique d'Estat, un autre ouvrage postérieur illonyme, signé également de Ferrier, lorsque l'Espagne fera lans YAdmonitio le procès delà politique de Richelieu au nam du.
1. Response, etc., p. 13 II y a lieu de rapprocher de celte dernière phrase elle qui termine un chapitre de V Advertissemenl à tous les Estats de l'Europe, 625, cilée plus haut : « Qui doute de cette vérité, n'a point de sentiment et énonce au sens commum », p. 14.