‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 191 sur 352 · bid.,p.U · texte numérisé non relu

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3. (De MoiîttTiartin.) Estât certain de ceux de la Religion en France avec un loyen convenable de les désarmer tous proniptement, S. L. 1625, p. 33. Cf. Balif- )1, Le roi Louis XIII à vingt ans, Paris, 1910, chap. v, La religion du roi, • 271 et suiv.

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Catholicisme international, en dénonçant ses alliances protestantes. Voilà qui relie ces deux périodes ; en réalité, la Response an Manifeste du Sieur de Soubîze écrite entre le 11 juin, date de lincursion de la flotte protestante dans la Garonne, et le 5 juillet, date des premiers préliminaires de paix discutée à Fontainebleau, inaugure dans la presse la campagne de bascule du cardinal entre les protestants et l'Espagne ; si, pour le moment, les premiers seuls sont entrés dans la mêlée, la seconde ne tardera pas à donner, et le cardinal aura à tenir tète à la fois des deux côtés.

Nous n'avons prononcé que le nom de Ferrier au sujet de cet ouvrage, où sa part était d'ordre secondaire ; s'il est difficile de la délimiter, il l'est moins toutefois d'écarter celui de Fancan. Si nous avons admis comme fort problable la collaboration même importante de ce dernier dans la Cabale espagnole, il n'en est plus de même pour la Response. Le pamphlétaire ne connaît pas les tempéraments ingénieux et les ménagements indispensables à d'aussi délicate besogne ; peut-être aussi, le maître a-t-il déjà constaté à ses dépens sa tendance aux indiscrétions intéressées en faveur du parti protestant et emploie-t-il alors son activité intrigante à d'autres occupations touchant de moins près à la politique...

Tandis que du côté des protestants, la fortune souriait à Richelieu avec les négociations de la paix à Fontainebleau, de l'autre, elle le menaçait avec les revers d'Italie ; là, les désastres se succédaient et s'accumulaient ^ ; grâce au secours de l'Espagne, Gènes, menacée par le duc de Savoie, relevait la tête, et son port était délivré des galères françaises par l'arrivée de la flotte du marquis de Sainte-Croix ; le duc de Feria entrait dans le Mont ferrât et investissait Aqui qui capitulait; les places de Novi, Ron ciglione, Campo et Gavi se rendaient également ; d'autre part, les difierends du duc de Savoie avec le connétable et la retraite de ce dernier, malade et Agé de 80 ans, ne contribuaient pas peu à obs-

1. P. GriSet, Hist. du règne de Louis XIII^ Paris, 1758, t. I, p. 457 et suiv.

curcir l'horizon. Une telle série n'était pas faite pour décider le légat à la conciliation : « la difficulté qu'on y rencontre, écrivait le cardinal au roi dans un Mémoire, ne vient principalement que de ce qu'on croit que la France ne veut point la guerre * », et un mois plus tard, « le fonds de son obstination venait, disait-il, de ce qu'il jugeoit qu'on lui accorderoit tout ce qu'il voudroit, parce qu'à quelque prix que ce fût, on vouloit la paix - ».

Il fallait « paraître fort », d'autant que les négociations avec les huguenots étaient alors en bonne voie, et que de ce côté tout péril était conjuré, tant avec le duc de Soubise qu'avec La Rochelle. De là, cet appel aux armes avec La ligue nécessaire, qui était à la fois un cri d'alarme jeté à l'Europe tout entière, catholique et protestante, et un cri de ralliement contre l'Espagne et la maison d'Autriche.

Ce factum rentrait trop bien dans les vues de Richelieu, son plan général avec l'enchaînement des idées est trop conforme avec celui qu'il exposait au Roi dans le mémoire que nous avons cité, pour qu'il n'y ait pas contribué ; il a été écrit, sinon d'après une note de lui, à son instigation tout au moins. Il n'est assurément pas de sa main, avec son allure d'une fougue désordonnée, et la trivialité de quantité d'expressions telles que « mordre à une pomme », « l'esprit d'étourdissement », « la réintégrande de nos anciens bienveillants », « laisser dans le bourbier», « donner du nez à terre », « au bout du rolet », « se trouver entre deux fers chauds », <« la gibecière si plate ». D'autre part, si les ménagements employés vis-à-vis des protestants empêchent de prononcer le nom du P. Joseph, auquel l'attribue l'abbé Dedouvres, nous ne pouvons nous ranger à l'opinion de M. Fagniez qui le donnerait plutôt à Fancan ^. L'adjuration aux protestants français de ne point troubler l'harmonie de l'intelligence contre l'Espagne avait bien sa contre-partie dans un appel analogue aux sentiments des catholiques français, mais la brutalité des sous-entendus à l'adresse du clergé de France * n'était ni dans les idées, ni dans le

1. Avenel, Lettres..., t. II, p. 103, t. VII, p. 567 el suiv.

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