‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 196 sur 352 · Mémoires, t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. II, p

On voit toute la portée de <^e réquisitoire qui frappait Richelieu au moment le plus délicat do sa diplomatie, à la veille d'une rupture avec la cour de Rome, alors que par une tactique de bascule danger>euse, il travaillait « à porter les huguenots à consentir la paix de peur de callc de l'Espagne, et les Espagnols à faire la paix de peur d<3 celle des huguenots ' ». Ses projets en étaient gravement compromis, car il était ainsi traduit îUa barre de l'opinion publique, et mis brutalement en présence d'éléments irréductibles qu'il devait également ménager et se concilier pour arriver à son but : d'un coté, le clergé gallican et la cour de Rome en tenant compte de leur situation respective spéciale ; de l'autre, le parti protestant, sans parler de la Noblesse, du Tiers et des corps constitués, le Parlement et la Sorbonne.

Tout d'abord et avant tout, se dressait en face de lui la Catholicité tout entière, dont V Admonitio prétendait être le manifeste, et qui, à ce titre, pouvait trouver dans la nation un écho puissant ; malgré le souvenir de l'anarchie ruineuse qui avait suivi la mort de Henri IV, le vieux levain <le la Ligue couvait encore en elle ; nous n'en citerons que deux témoignages ; le premier est tiré de la note pittoresque d'un Malouin de passage à Paris où il était retenu par ses affaires, et qui consacrait ses loisirs à écrire un mémoire secret pour le cardinal ; elle est d'autant plus sincère que cet avis avait pour but de signaler au ministre le point faible de l'Espagne, dans le cas éventuel d'une guerre avec cette puissance : c'était au commencement de juillet, à la veille de l'arrivée de l'ambassadeur d'Angleterre, alors que ceux d'Espagne, de Venise, de Hollande, le légat et les envoyés de Bethlem Gabor, de La Rochelle, et de Soubise étaient venus, pour traiter, à la cour de France ; «les autres qui à peine me semblent dignes « d'estre mis en ligne de compte, disait-il, en parlant de ces der- « niers, sont les députez des rebelles subjects du Roy, affin (ce « dit-on) de requérir la paix, bien que toute la France les con- « damne, comme en effect, ils sont seuls authicurs de la guerre, « laquelle sa Majesté ne leur fait (comme on dit) qu'en son corps « deffendant... On entend les uns corner la guerre, les autres « demander la paix, mais avec cette notable différence qu'aucun « de ceux à qui la guerre plaist ne se soucient qu'elle soit juste

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